Un groupe de onze jeunes Rodriguais du Centre de Formation agricole Frère Rémi de Camp du Roi est en visite de formation à Maurice jusqu’à mercredi. Ces jeunes futurs agriculteurs, dont quatre jeunes filles, sont à leur tout premier voyage dans l’île. Conduite par la directrice du centre, Verlaine St Pierre, la délégation a, notamment, eu droit à un exposé sur la production des semences à la stationdu ministère de l’Agro-industrie de Barkly ainsi qu’à des explications sur l’élevage professionnel des porcs auprès cès d’éleveurs de la Plaisance Pig Marketing Cooperative Society.
La création de ce centre de formation agricole destiné aux jeunes Rodriguais en situation d’échec scolaire remonte à 1988. Frère Rémi Carosin, alors Manager du Rodrigues College constate que de nombreux adolescents ayant abandonné  l’école, notamment, des enfants de parents à problèmes, végètent, sans grand espoir dans la vie. Il se fixe de donner à ces jeunes en échec scolaire la possibilité de repartir sur de nouvelles bases susceptibles de leur assurer un meilleur avenir.
Pour cela, le frère Rémi qui, à Maurice, au Collège de la Confiance, avait, déjà, introduit la science agricole  au nombre des matières d’enseignement de cet  établissement  scolaire, obtient du diocèse de Port-Louis, quatre arpents de terre situé à Camp du Roi pour un projet de formation agricole pour jeunes Rodriguais. Le projet démarre très modestement avec seulement cinq stagiaires durant la première année. Mais l’ambition est grande: encourager des jeunes au retour du travail de la terre.
Quatre ans plus tard, en 1992, alors que le nombre de jeunes Rodriguais de 12 à 17 ans en formation au centre de Camp du Roi augmente, peu à peu, décision est prise d’inclure la lecture, l’écriture et le calcul aunombre des matières enseignées en sus de l’agriculture. Par ailleurs, la formation agricole qui se faisait surtout sur le tas commence à se formaliser grâce, notamment, avec l’apport de deux coopérants français et d’animateurs du Mouvement Pour l’Autosuffisance Agricole (MAA).
A partir de 1996, au retour de Verlaine Saint Pierre, religieuse Oblate, Missionnaire de Marie, Immaculée, l’acuelle directrice du Centre agricole Frère Rémi, après sa formation polyvalente en travail social à l’île de la Réunion, un Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) est délivré, en collaboration avec le Bureau de l’Education Catholique (BEC), aux jeunes qui teriment, avec succès, leur formation au centre.
En 24 ans d’existence, le Centre de Formation agricole Frère Rémi de Camp du Roi aura accueilli près de 800 jeunes Rodriguais dont quelque 300 qui ont complété, avec succès, l’ensemble de cette formation aux techniques agricoles. Depuis, nombre d’entre eux se sont lancés dans des micro-entreprises agricoles alors que d’autres ont trouvé de l’emploi, entre autres, dans des coopératives ou comme jardiniers dans le secteur du tourisme local.
Aujourd’hui, ce centre de formation est une ferme intégrée où l’on élève, entre autres, de la volaille, des lapins et des cochons de même que des poissons d’eau douce. La culture potagère de même que la floriculture y sont aussi pratiquées. A la demande du secteur touristique, des cours d’initiation au paysagisme ont, de même, été introduit alors que le centre dispose aussi d’un petit verger comprenant, surtout, des agrumes.
C’est pour la toute première fois que ces jeunes stagiaires du Centre Frère Rémi sont en visite à Maurice. En lien avec l’esprit d’autonomisation que veulent leur iinculquer leurs formateurs, ces jeunes ont dû, eux-mêmes, payer leur déplacement par bateau. Pour ce faire, ils ont, depuis auoût de l’année dernière, consacré leurs vacances à travailler chez des particuliers, un peu à la manière des scouts.
Sindiana Prosper, l’une des quatre jeunes filles de ce groupe de onze jeunes Rodriguais juge « fort interessant » ce voyage de formation à Maurice qui aura permis au groupe, entre autres, d’obtenir des explications des techniciens du Centre d’expérimentation agricole du ministyère de l’Agriculture à Barkly de même que des éleveurs de porcs professionnels de la Plaisance Pig Marketing Cooperative Society.
Sur un plan plus théorique, le groupe a suivi des cours au siège de la MAA à Rose-Hill, entre autres, en vue d’acquérir des notions importantes pour devenir des entrepreneurs agricoles. « Mon message aux jeunes, déclare, en conclusion, Sindiana Prosper, c’est qu’il y a aussi de l’avenir avec les animaux d’élevage et les plantes. Later, le pas sal. Sé nou ki dir li sal ».