Le Mouvement autosuffisance alimentaire (MAA) a ajouté cinq nouvelles écoles primaires à sa liste concernant le School Bac Gardening Program, qui offre aux élèves les techniques d’apprentissage agricole. Ces écoles sont : Notre Dame de Refuge (RCA), Willoughby Govt School, Britannia Govt School, La Sourdine Govt School et Trois Boutiques Govt School. « Nous devons intéresser les jeunes à l’agriculture pour qu’ils puissent un jour prendre en main notre sécurité alimentaire », affirme Éric Mangar, Manager du MAA.
Éric Mangar dit avoir constaté « un vieillissement de la population agricole à Maurice », d’où sa démarche d’intéresser les jeunes à l’agriculture, mais surtout à l’agriculture organique, de même que de les exposer, dès leur plus jeune âge, à la notion de sécurité alimentaire. « Lorsqu’un enfant sème une graine ou met une plante en terre, cette action restera gravée dans sa mémoire, et ce durant toute sa vie », dit-il. « Et s’il y a une crise alimentaire plus tard, cela pourrait l’aider à devenir résilient. »
Ce programme complète aussi le programme d’études à l’école, où les élèves apprennent à reconnaître les plantes et leurs caractéristiques dans leurs manuels scolaires. « Nous leur offrons la partie pratique de cette éducation. Les jardins, à l’école, deviennent un peu comme un laboratoire pour eux de même que pour les enseignants, qui apprennent non seulement l’agriculture, mais aussi le concept de la biodiversité. Comment les plantes se protègent-elles entre elles ? Comment les différentes racines multiplient-elles les bactéries sous la terre ? On leur montre aussi les légumineuses et comment des plantes, telles le haricot, fertilisent la terre naturellement », explique Éric Mangar. Et d’ajouter : « Ainsi, les élèves apprennent à respecter les vers de terre, qui aident à structurer et fertiliser la terre. »
Le plus important dans ce type d’apprentissage, dit-il, c’est que les jeunes, « qui vivent dans un monde individualiste, apprennent à collaborer et à travailler en groupe ». Les élèves recevront également des semences destinées à être cultivées chez eux. Ils produiront ainsi de la nourriture à la maison ensemble avec leurs parents, la plupart du temps dans de vieux récipients.
Par ailleurs, cette année, le MAA a lancé un programme de propagation des plantes de brèdes mouroum, « car c’est un “multi-purpose tree” et médicinal ». Il poursuit : « Comme légume, sa valeur nutritive est très forte. Il peut répondre à 40% de nos besoins en calcium, en vitamine A et C. De plus, cette plante possède plus de protéines que le lait de vache. Auparavant, on disait que la brède mouroum était la nourriture du pauvre. Les gens n’en voulaient pas. La brède malbar pousse partout et contient un bon pourcentage de calcium et de vitamines. » La brède mouroum, soutient-il, « est d’ailleurs très appréciée des Mauriciens » depuis très longtemps. « J’invite les jeunes à en consommer et à réduire leur dépendance aux “fast-foods”. »