Le ministre de l’Agro-Industrie et de la Sécurité alimentaire, Mahen Seeruttun, accompagné de quelques agents et conseillers du ministère, s’est rendu dans le domaine de Plaine-Sophie pour une visite des lieux. Les plantations y ont été dévastées suite au passage du cyclone Bansi et à plusieurs jours de pluie consécutifs. Des solutions pour redynamiser le secteur agricole sont donc recherchées.
Les deux terrains agricoles de la région de Plaine- Sophie s’étendent sur 325 arpents (ndlr : Plaine-Sophie 1 et Plaine-Sophie 2) pour un nombre de 170 planteurs. Ils y cultivent principalement des légumes tels que la carotte, le chou et le pâtisson. Aujourd’hui, à cause de la pluie qui a duré une quarantaine de jours, la majorité de leurs plantations a été grandement endommagée. Ces planteurs ont depuis beaucoup de difficulté à joindre les deux bouts. De plus, la plupart d’entre eux paient une onéreuse location pour cultiver sur des terres allouées à des fonctionnaires.
Ajay Beersum, un des plus jeunes planteurs de Plaine-Sophie, a rencontré le ministre Seeruttun hier. Il s’est lancé dans la culture du bio-farming et essaye de la promouvoir autant que possible. Or, il manque de fonds. Cet homme explique qu’en temps normal, pour cultiver ses légumes bio, il retire de l’argent de sa poche. Mais en ce moment, la situation est de plus en plus difficile car il manque de financement. Il en a informé Mahen Seeruttun afin d’avoir un soutien du gouvernement. Le ministre a répondu favorablement à cet appel et semble enthousiaste quant au concept de bio-farming.
Vijay, un autre planteur de la région, a fait état des petits soucis auxquels il est confronté depuis les jours pluvieux. « Nou ti anvi ki minis vinn get nou kondisyon travay parski tou letan bann planter ki afekte par la natir. Tou letan nou ena determinasyon, nou fer sakrifis, zefor me nou ena linpresyon ki personn pa pe tann nou lavwa. Nou latant seki nou bizin trouv gouvernman fer zefor lorski sa konsern nou planter ek bann difikilte ki nou gagne », explique cet homme soutenu par ses camarades.
Lors de son intervention, le ministre a exprimé son désir de redynamiser le secteur agricole à travers un plan de diversification. « Nou pe esey trouv ban nouvo metod pou vinn ed zot et surtou pou atir la nouvel generasyon. Nou anvi enkadre zot afin ki zot santi zot atire par metie planter et pou ki zot rekonet so valer », a déclaré Mahen Seeruttun. Ce dernier cherche à établir un calendrier de visite afin de s’adresser à chaque région agricole pour aider les planteurs dans la promotion de leur métier tout en répondant à leurs besoins. Il souhaite adopter une politique de proximité avec ces personnes et développer une synergie ainsi qu’une meilleure relation.
Concernant l’allocation des terrains, les planteurs se retrouvent dans une situation où ils n’ont plus de place pour cultiver et doivent louer des terres avec des fonctionnaires à des prix exorbitants. Gopaul, un autre planteur, explique que plusieurs terrains de Plaine-Sophie ont été alloués à des fonctionnaires, et que pour la plupart sont en état d’abandon. Il rajoute que « nou bann later leta inn fini et nou pe bizin terain en plis pou travay ». Auparavant, le terrain de Plaine-Sophie était attribué à la culture de thé. Les planteurs avaient demandé au gouvernement de leur faire en avoir une parcelle pour relancer leur culture. Cette requête avait permis l’avancement du domaine. Lorsqu’ils ont cessé la culture de thé à Plaine-Sophie, les planteurs ont de nouveau fait appel au gouvernement pour obtenir un terrain d’un arpent en plus, mais leur demande fut vaine. Ceux possédant des terres les ont ainsi louées à des prix exorbitants. « Nou nepli kapav avanse ».
« Nou ankor pe rod enn bout. Nou ena zanfan ki pe etidie, ki pe al marie, nou pena le moyen pou satisfer zot bann bezwin. Nou pe bizin ogmant prodiksyon me nou pa pe kapav ». Ils ont donc demandé au ministère de revoir l’allocation des terrains. Mahen Seeruttun a répondu qu’un exercice a été mis en place en vue de remédier à ce problème.
Vu la montée des prix, le rendement de leur culture ainsi que la main-d’oeuvre sont également des obstacles pour les planteurs. « Kan enn cocom vende Rs 25, nou pe gagn zis Rs 10 ladan. Nou larzan pa sorti ditou. Nou osi pe mank dimoun pou travay dan la plantasyon. Personn pas pe trouv sa domaine la atiran. Kifer nou pa kapav gagn bann dimoun bangladesh vinn travay ar nou ? Zot envi travay mai zot pena le permi. Nou pe bizin sa led la », ont-ils partagé.
Lors d’une déclaration à la presse, Mahen Seeruttun explique que « la pluie persistante a beaucoup endommagé les cultures. Suite au survey effectué par la Food and Agricultural Research and Extension Institute, on constate que ce sont des produits tels que la carotte qui sont les plus affectés. Mais nous pensons que ce problème sera pallié d’ici un mois. En attendant, nous faisons importer ces produits pour répondre à la demande des consommateurs et aussi pour limiter l’augmentation des prix. Cependant, ces légumes importés ne seront présents que dans les supermarchés et dans les hôtels. Avec la pluie, les planteurs ont eu à retravailler leur terrain et à replanter les graines. Nou pou ed zot reamenaz zot bann terrain otan ki possib. Nou pe etabli osi enn program de distribution de semans pou bann legim ki’nn plis afekte kouma karot, arico ek finn zerb. Nou pe atan enn colaborasion avec bann pwin distribision ».
Plaine-Sophie 2 souffre des mêmes maux. Les planteurs ont avant tout demandé au ministère de revoir les infrastructures. De plus, ils souhaitent que le gouvernement mette en place une assurance en cas de mauvais temps. Cela motivera les planteurs et évitera les pertes.