Le ministre de l’Agro-industrie et de la sécurité alimentaire a estimé que Maurice pourrait produire 200 tonnes d’ail d’ici à 2015. C’était à l’ouverture officielle de la récolte d’ail pour la présente saison à Sorèze, hier. La production d’ail, dit Satish Faugoo, a diminué considérablement à Maurice au cours des dernières années, passant de 325 tonnes en 1986 à 25 tonnes en 2010. La production locale devrait atteindre 150 tonnes cette année.
C’est dans les champs du planteur Kritanand Beeharry, qui cultive de l’ail sur une superficie de sept arpents, que s’est déroulée cette cérémonie. « Nous nous sommes déjà réunis pour lancer la récolte de pomme de terre et d’oignon mais c’est la toute première fois que la communauté des planteurs s’est rassemblée pour la récolte d’ail », a déclaré le ministre. Les conditions sont réunies aujourd’hui en faveur des planteurs pour la production d’ail, dit-il.
L’ail est un condiment important à Maurice. En 1986, les planteurs produisaient 325 tonnes. La production était censée s’accroître avec la mise en application d’une bonne politique agricole. Or, en 2010, Maurice s’est retrouvée avec une production de 25 tonnes d’ail seulement. « C’est grave pour une île à vocation agricole », affirme le ministre. Il a indiqué que le prix de l’ail est passé de Rs 18 000 la tonne à Rs 80 000, soit une hausse de 350-400% en quelques années. « Nous avons, donc, de bonnes raisons de cultiver davantage l’ail localement. Le gouvernement a mis en place un plan pour favoriser la production locale ».
La consommation d’ail oscille entre 1 600 et 1 700 tonnes à Maurice et elle ne cesse d’augmenter, car il est très prisé dans la cuisine mauricienne. « Grâce aux mesures prises par le gouvernement, la production d’ail qui était de 25 tonnes en 2010 est passée à 100 tonnes en 2012. Elle devrait atteindre 150 tonnes en 2013 et 200 tonnes en 2015. » Selon le ministre, la superficie sous culture d’ail devrait augmenter, d’autant plus que des terres sous culture de canne à sucre sont abandonnées. En 1986, la superficie sous culture d’ail était de 40 hectares contre 15 hectares en 2013. Le ministre a soutenu que les perspectives existent pour améliorer la production de l’ail à Maurice car, selon lui, « le coût de production n’est pas aussi élevé. » Outre l’octroi d’un don valant 10% à l’achat des semences et l’amélioration de la qualité, Satish Faugoo a promis d’autres plans de soutien pour accroître la production locale et réduire ainsi l’importation de ce produit.
De son côté, le planteur Kritanand Beeharry a confié que c’est la toute première fois qu’il s’engage dans la culture d’ail. Il a encouragé les autres planteurs à s’engager à nouveau dans cette culture, d’autant plus qu’à une certaine période de l’année, les légumes tels la carotte, le chou, la betterave, entre autres, sont en abondance. « La culture d’ail est viable à Maurice. On peut la faire avec succès, vu que cette culture est plus facile que celle de l’oignon, mais nous devons être compétitifs », a-t-il fait ressortir.