Il est irréaliste d’imaginer que Maurice peut produire tout ce dont le pays a besoin en termes de produits alimentaires, est d’avis Jay Prakash Teeluck, directeur de l’Agricultural Research and Extension Unit. « Le pays ne dispose pas suffisamment de terres fertiles, soit environ 177 440 hectares, en sus des 3 500 hectares déjà sous culture, afin de devenir 100 % autosuffisant », a-t-il soutenu lors d’un exposé au siège du National Economic and Social Council à la fin de la semaine dernière.
« La production alimentaire locale s’élève actuellement à 25 % de nos besoins complets. Le reste est importé. Outre le manque de terres, nous avons aussi d’autres contraintes comme la cherté des intrants et le manque de main-d’oeuvre », a déclaré le directeur de l’Agricultural Research and Extension Unit (AREU). Pour être réaliste, Jay Prakash Teeluck a cité le chiffre de 33 % d’auto-suffisance alimentaire que le pays peut atteindre en augmentant sa production actuelle de légumes de 115 000 à 130 000 tonnes, sa production laitière de 6 millions à 14 millions de litres et sa production de viande de 1 300 à 2 300 tonnes d’ici à 2015.
Pour atteindre cet objectif, il faudra, selon Jay Prakash Teeluck, trouver un total de 1 075 hectares de terres additionnelles, soit 130 hectares pour la culture d’oignons, 200 pour celle de la pomme de terre, 25 pour l’ail, 50 pour les grains secs, 45 pour le maïs, 25 pour la mise en place de villages de fruits et 600 pour le fourrage qui nourrira les animaux. En termes de budget, un peu plus d’un milliard de roupies seront nécessaires – Rs 485 millions pour le secteur agricole, Rs 457 millions pour l’élevage et Rs 171 millions pour Rodrigues.
Le directeur de l’AREU a indiqué que ce budget servira à financer le développement des infrastructures, la préparation des terres, la mécanisation des opérations dans les fermes, la mise en place de plans pour la modernisation du secteur agricole à travers l’utilisation des variétés plus performantes, les activités de recherche et de développement et le renforcement des capacités, entre autres. Il soutient cependant qu’un certain progrès a été observé dans les objectifs du plan stratégique pour la période de 2008 à 2011. La production de la pomme de terre a augmenté de 45 % en 2012, celle de l’oignon est passée de 5 182 tonnes en 2011 à 7 458 tonnes en 2012 et celle de l’ail de 27 tonnes en 2011 à 100 tonnes en 2012. La production laitière, elle, a connu une hausse de 51 % (de 4,3 millions de litres en 2008 à 6,5 millions de litres en 2012) et celle de la viande 58 % (de 830 tonnes en 2008 à 1 350 tonnes en 2012).
De plus, 233 arpents de terre obtenus de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) ont été alloués aux planteurs, aux membres des sociétés coopératives et à d’autres associations des régions de Rouge-Terre, L’Espérance, Mare-d’Albert et St-Hubert. Huit plans ont également été mis en place pour moderniser le secteur de l’élevage, particulièrement la création de fermes modèles, l’achat d’animaux et des équipements, la construction et la rénovation des bâtiments abritant des fermes et la culture de fourrage.