Le premier village modèle de fruit à pain a été ouvert cette semaine au centre d’expérimentation de l’Agricultural Research and Extension Unit (AREU) mardi à Pamplemousses. « Chaque famille doit avoir un arbre de fruit à pain dans sa cour », a déclaré, à cette occasion, le ministre de l’Agro-industrie et de la sécurité alimentaire Satish Faugoo.
« Le fruit à pain est vendu à Rs 20 l’unité, un arbre rapporte environ 600 fruits. À l’arpent, on peut cultiver une centaine d’arbres pouvant rapporter quelque 25 000 fruits. Ce qui fait un total de Rs 500 000. En comparaison, 50 tonnes de sucre à l’arpent ne rapportent que Rs 60 000 », fait ressortir le ministre Faugoo. « Alors, pourquoi ne pas développer une industrie du fruit à pain en parallèle avec d’autres industries ? » a lancé le ministre.
Justifiant les raisons de la relance de la culture des fruits à pain à Maurice, il a évoqué la crise alimentaire qui sévit dans le monde depuis 2008. « Le riz est notre produit de consommation de base. Même si nous ne pouvons pas remplacer le riz importé à 100 %, nous pourrons réduire son importation en optant pour le fruit à pain, comme un des produits de substitution. Il nous faut changer nos habitudes alimentaires », a fait ressortir M. Faugoo. Le fruit à pain, a-t-il ajouté, ne nécessite pas de pesticides ou d’intrants chimiques. Sa culture est facile et elle ne nécessite pas beaucoup de main-d’oeuvre. Le fruit à pain est « viable, rentable et résistant aux changements climatiques. » Il a insisté sur les valeurs nutritives du fruit à pain pour encourager la population à en consommer davantage « car nous courons le risque d’avoir de l’argent dans nos poches, mais rien à manger. » Maurice importe 65 000 tonnes de riz et 70 000 tonnes de farine annuellement pour une somme de Rs 1,2 milliard.
Aux éventuels cultivateurs de fruit à pain, Satish Faugoo a laissé entendre que l’Agricultural Marketing Board (AMB) pourrait s’assurer du marketing. Il a demandé aux agriculteurs de se regrouper en coopératives en vue de se lancer sur la culture de fruits à pain sur une grande échelle.
Pour sa part, le directeur de l’AREU Jayprakash Teeluck a déclaré que cette démarche s’inscrit dans le cadre d’un programme national pour la mise en place de villages modèles de fruits à pain à Maurice et à Rodrigues.