Le président du Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA), Kanayo Nwanze, a estimé, hier, que même si Maurice possède une des meilleures économies en Afrique, cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de poches de pauvreté dans le pays. Le FIDA a investi environ US $ 23 M à Maurice en trente années de coopération, a-t-il indiqué.
« À l’époque où nous avions commencé à travailler avec Maurice, dans les années 80, l’île n’avait pas encore connu la transformation et le développement actuels. À cette époque, votre principale culture était la canne à sucre à 95 %. Les choses ont changé maintenant », a-t-il répondu à une question du Mauricien, à l’issue d’une rencontre avec la presse. Malgré cette transformation, a fait ressortir le président du FIDA, cette institution onusienne cherche à poursuivre son engagement à Maurice à travers la coopération et l’intégration régionales. « Que pouvons-nous faire pour faciliter cette coopération régionale ? Nous sommes en train de penser au marché régional, produire et vendre à l’intérieur de ce marché. Nous ne parlons pas d’exportations pour le moment. Il y a des perspectives d’aide à travers la FIDA pour créer cette coopération régionale dans le secteur agricole, celui de la pêche et de l’élevage, entre autres. C’est ça la clé du succès », affirme Kanayo Nwanze.
À une autre question sur les problèmes liés à l’abandon des terres, les coûts élevés des intrants et le manque de main-d’oeuvre, le président du FIDA a estimé que Maurice ne manque pas de main-d’oeuvre. « Vous avez un secteur intellectuel très fort et en cette ère de science et de technologie, vous pouvez maximiser la main-d’oeuvre. Vous devez rendre attirante votre agriculture », a-t-il déclaré.
S’agissant de l’Afrique, Kanayo Nwanze a estimé qu’investir dans les petits producteurs est la solution la plus durable pour transformer l’économie rurale. Il indique que le FIDA privilégie surtout sur les femmes et les hommes pauvres vivant dans des zones reculées et marginalisées. « Nous les aidons à accroître leur production agricole, leurs cultures, leurs produits de la pêche et de l’élevage afin qu’ils gagnent des revenus durables ». L’agriculture, dit-il, offre de grandes promesses à l’Afrique et a le pouvoir de lutter contre la pauvreté et de nourrir la population. « Nous avons la connaissance, nous avons les moyens, nous avons les outils, si nous avons la volonté, nous réussirons ». M. Nwanze a indiqué qu’il est venu voir comment l’IFAD peut porter son partenariat avec l’île Maurice à un autre niveau et comment il peut s’impliquer dans le plan stratégique du pays en matière de sécurité alimentaire.
Pour sa part, Périn Saint Ange, directeur de gestion des programmes du FIDA en Afrique subsaharienne, a dit reconnaître que la transformation de l’économie mauricienne et de son approche quant à l’utilisation des ressources externes confirment que les projets du FIDA ne sont pas actuellement les meilleurs pour Maurice. « Ces projets sont encore utiles en Afrique mais pas dans le contexte mauricien. Il y a d’autres outils pour aider Maurice et nous sommes en train de les étudier. D’où la révision des modalités et de notre soutien pour que nous puissions mieux nous positionner pour répondre aux besoins du gouvernement mauricien », a-t-il fait ressortir.