Le ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, a présenté hier la Chambre d’Agriculture comme un partenaire privilégié du gouvernement. « Elle a toujours collaboré avec les autorités pour la formulation et une implémentation souple des politiques de développement dans le secteur sucrier », a dit le ministre. Le président sortant de la Chambre, Nunlall Basant Rai a, pour sa part estimé que l’absence d’une monnaie en adéquation avec les fondamentaux économiques risque d’annihiler les efforts faits localement pour gagner en efficience et en productivité et générer plus de valeur ajoutée. C’est Jean Arthur Lagesse Terra qui a succédé à Jean Arthur Lagesse comme président de la Chambre d’agriculture.
Le ministre Faugoo, qui revient de Vanuatu où il a assisté à plusieurs réunions du groupe ACP et à la réunion conjointe ACP/UE ainsi qu’à celle sur le sucre, a annoncé que le comité des Ambassadeurs du groupe ACP a été mandaté afin de rencontrer les dirigeants des pays influents de l’Union européenne dans le cadre d’une campagne visant à maintenir le quota sucrier jusqu’en septembre 2020. Dans un document diffusé en 2011, la Commission européenne a proposé qu’il n’y ait plus de quota pour le sucre à partir de 2015.
Le ministre de l’Agro-industrie a passé en revue la situation dans l’industrie sucrière et les défis sans précédent qu’elle a été appelée à relever avec la baisse de 36 % du prix du sucre sur le marché européen. « We have successfully implemented in a timely manner, the several measures contained in the MAAS (Multi Annual Adaptation Strategy) and these include the VRS and ERS, the centralization on factories, the field Operations, Regrouping and Irrigation Project and the setting up of clusters », a déclaré le ministre. Ces réalisations ont été saluées par l’Union européenne et les ACP.
Le ministre a aussi évoqué la création de la Mauritius Cane Industry Authority qui regroupe les six institutions fournisseurs de services (SPI), et l’engagement pris auprès de l’union européenne de réduire le niveau du Cess à Rs 287 millions pour la récolte de 2011. Basée sur une récolte de 438 833 tonnes, la contribution de Cess a été ramenée à Rs 654 par tonne de sucre par planteur contre Rs 1 137 par tonne en 2010.
Le ministre reconnaît qu’un des défis majeurs de l’industrie sucrière est de stopper le rythme d’abandon des terres sous canne. En 2001 et 2010, quelque 4 412 hectares de terre ont été délaissés. Cet abandon était essentiellement motivé par la baisse des revenus. Il s’est réjoui toutefois que beaucoup de planteurs se sont lancés vers la production alimentaire. Satish Faugoo a insisté sur le fait que la réforme sucrière doit avoir une dimension sociale. C’est dans ce contexte que plusieurs initiatives ont été formulées dans le cadre du MAAS et de l’accord entre la MSPA et le gouvernement.
Le président sortant de la Chambre d’Agriculture s’est appesanti sur la faiblesse de l’Euro par rapport à la roupie avec comme corollaire le prix payé aux producteurs. Il a expliqué que le prix de Rs 16 000 par tonne de sucre offert pour la récolte 2011 est le résultat d’un effort intense et conjugué de tous les partenaires de l’industrie sucrière. « Cet effort comprend une commercialisation de sucre à plus forte valeur ajoutée nécessitant un investissement à long terme, des partenaires ayant choisi l’option de diversification, un marketing agressif et une gestion financière rigoureuse de la part du syndicat des sucres », a déclaré Nunlall Basant Rai. Il a réclamé par conséquent une roupie qui soit en adéquation avec les fondamentaux économiques.
Le président sortant a accueilli favorablement l’intention du gouvernement de faire de l’arrêt de l’abandon des champs une priorité majeure de son action vis-à-vis des petits planteurs, le soutien de l’industrie sucrière à cet effet et la mise en oeuvre de l’APE intérimaire au sein du groupe de l’Afrique orientale et de l’Afrique australe.