L’ananas victoria remplace actuellement la canne à sucre dans plusieurs régions du pays, à la suite de la baisse du prix du sucre de l’ordre de 36 % sur le marché européen. À Montagne-Longue, une quinzaine d’agriculteurs se sont ainsi regroupés sous la Long Mountain Pineapple & Allied Growers Co-operative Society Ltd afin de pouvoir poursuivre leurs activités agricoles.
La Long Mountain Pineapple & Allied Growers Co-operative Society Ltd a émergé en 2004 avec l’idée de cultiver des ananas à des fins d’exportation afin d’obtenir un meilleur revenu. Le secrétaire de cette association Kishan Fangooa indique que leur première démarche a été de solliciter l’aide de l’Union européenne (UE) dans le but d’améliorer la qualité de leurs produits. « L’UE a approuvé notre demande et nous a offert des équipements, dont une chambre froide, des caissons et un réfractomètre pour vérifier le taux de sucre des fruits. Ce qui nous permet de suivre les bonnes pratiques agricoles », déclare-t-il.
À partir de là, tout change chez les membres de cette société coopérative qui cultivent environ 35 arpents de terre dans la région de Montagne-Longue. « Auparavant, ils travaillaient de manière traditionnelle en utilisant beaucoup de produits nocifs à la santé humaine et à l’environnement, ce qui augmentait leurs coûts de production. En travaillant avec les Européens, il nous a fallu respecter les normes et miser davantage sur la qualité. Nous avons alors cherché un marché d’exportation afin d’obtenir un prix garanti tout le long de l’année. Ce qui a été fait », déclare Kishan Fangooa. Cette société coopérative exporte actuellement environ 60 % de sa production vers la France, l’Allemagne et Dubaï par le biais d’un exportateur local. Producteurs et exportateurs bénéficient ainsi du Freight Rebate Scheme de l’ordre de 25 % mis en place par le gouvernement à travers le ministère de l’Agro-industrie. Ce qui est à leur avantage, souligne le secrétaire de la société coopérative. « Nous pensons exporter nos produits nous-mêmes à l’avenir », ajoute Kishan Fangooa.
Les membres de cette société coopérative veulent maintenant intégrer le concept de commerce équitable, dont les produits sont très prisés en Europe et aux États-Unis. C’est un marché qui vaut plusieurs milliards de dollars et qui grandit d’année en année. À Maurice, il est connu seulement dans la production de sucre. « Nos membres en ont discuté et ils ont trouvé que c’est un très bon concept car il permet la traçabilité des produits. Ce qui est très important avec les normes de plus en plus strictes imposées par l’UE pen matière d’alimentation. Il nous faut contrôler le Maximum Residue Level dans nos fruits, ce que certains agriculteurs ne savent pas », déclare le secrétaire de la Long Mountain Pineapple & Allied Growers Co-operative Society Ltd. Au niveau de cette société coopérative, les membres sont sensibilisés à ce sujet mais aussi sur la planification de leurs activités. « Il ne faut pas que tout le monde récolte ses ananas en même temps. Ce ne serait pas bon pour nous. Nous les encourageons aussi à s’engager dans la transformation des fruits », fait-il ressortir.
Au niveau du ministère des Coopératives, l’on indique que cinq ateliers de travail seront organisés jusqu’à la fin de cette année en vue de sensibiliser les producteurs non-sucre au commerce équitable. Les agriculteurs ne pourront toutefois opérer sous le concept de commerce équitable que s’ils se regroupent en société coopérative ou en association.