Le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, Mahen Seeruttun, estime que malgré les nombreux défis, notamment la baisse des prix et l’abandon des terres par les petits agriculteurs en raison de la hausse du coût des intrants, l’industrie cannière a encore de l’avenir. Il commentait l’accord signé la semaine dernière entre le Mauritius Sugar Syndicate (MSS) et la compagnie British Sugar pour la vente annuelle de 100 000 tonnes de sucre à partir de fin 2015, et ce, sur une période de quatre ans.
« Il n’y a plus de marché ou de prix garanti et il nous faut trouver nos propres marchés niches et notre propre clientèle », a déclaré le ministre de l’Agro-industrie, rappelant que « Maurice ne produit plus de sucre roux, mais du sucre prêt à la consommation en vente dans les supermarchés, qui rapporte un meilleur prix à notre industrie ». Les usiniers, dit-il, ont investi massivement afin de développer les sous-produits de la canne pour produire de l’énergie, de l’alcool, de l’éthanol et du bioplastique. « Ce qui devrait permettre à l’industrie de compenser le manque à gagner sur le prix du sucre et permettre aux agriculteurs de continuer à cultiver la canne à sucre pour rendre cette industrie profitable ».
Il a cependant reconnu que les petits agriculteurs ne s’y retrouvaient pas pour l’instant, d’où le découragement et l’abandon des terres sous culture de la canne à sucre. Pour les aider, le gouvernement a annoncé certaines mesures, dont l’élimination de la prime d’assurance sur la production sucrière et la rationalisation du montant de la taxe sur le sucre servant à financer les institutions offrant des services dans le domaine de la recherche, de la mécanisation et des pratiques culturales. D’autre part, le gouvernement encourage la réduction des coûts de production et le regroupement pour une économie d’échelle.
Le ministre de l’Agro-industrie a soutenu que le rendement échappait au contrôle de l’industrie à cause du changement climatique, mais que « Maurice continue à produire environ 500 000 tonnes de sucre annuellement depuis les dix à quinze dernières années malgré la perte de grandes superficies de terres agricoles au profit de l’immobilier, des infrastructures routières et de l’abandon de terres ». Cette année, la production devrait tourner autour de 400 000 tonnes, l’industrie sucrière passant par une phase de transition.
« La baisse du prix au niveau mondial pour cause de production excédentaire ne va pas durer, car, d’après les prévisions, la production mondiale se stabilisera dans deux à trois ans. De plus, la demande devrait augmenter de 2 % annuellement grâce à l’Afrique où plusieurs pays réalisent une bonne croissance économique qui devrait relancer la consommation. D’ici quelques années, le prix du sucre devrait augmenter sur le marché mondial, rendant ainsi cette industrie profitable », rassure Mahen Seeruttun.