Après trois années de présence sur les terres de l’établissement sucrier de Rose-Belle, Vita Rice a récolté ces temps-ci environ 2 000 tonnes de riz qu’elle compte vendre sur le marché local. Des petits planteurs de canne à sucre dont les revenus sont en baisse envisagent d’en cultiver eux aussi.
Lors d’une visite à Cluny, hier, dans les plantations de riz, le ministre de l’Agro-industrie Satish Faugoo et celui des Affaires étrangères et du commerce international Arvin Boolell ont constaté de visu le progrès accompli sur ces terres ces trois dernières années. « C’est un projet d’avenir et nous devons encourager les autres Mauriciens à s’intéresser à ce créneau », a laissé entendre Satish Faugoo. Selon lui, l’État a énormément aidé Vita Rice dans son projet en mettant à sa disposition une superficie de 500 hectares de terre, dont 330 sont déjà sous culture de riz. Ainsi 2 000 tonnes ont déjà été récoltées, ce qui est assez conséquent pour une première récolte, selon le ministre. Le riz produit à Cluny, estime-t-il, est de bonne qualité et très bon pour la santé car il a un indice glycémique très bas.
M. Faugoo affirme que Vita Rice ne s’arrêtera pas en si bon chemin. L’entreprise mettra bientôt en place un projet en collaboration avec les petits planteurs de canne à sucre afin que ces derniers puissent eux aussi cultiver du riz. « Ils sont nombreux les planteurs qui ont abandonné leurs terres en raison d’une baisse dans leurs revenus. Vita Rice sera leur partenaire dans ce projet », fait-il remarquer.
Pour Arvin Boolell, il y a un potentiel immense dans la culture du riz à Maurice. La première chose à faire, estime-t-il, est d’aider les planteurs de canne à sucre dont les terres ne sont plus rentables et de les intéresser à cette culture. « Le marché est immense. Outre le marché local, il y a l’Europe et les États-Unis », affirme le ministre. Il estime que le projet de Vita Rice peut être multiplié ailleurs dans le pays « dans le cadre de notre sécurité alimentaire. »
Arvin Boolell vise également le Mozambique et la Tanzanie où Maurice a obtenu des terres pour développer l’agro-industrie. Il estime que les entrepreneurs mauriciens peuvent apprendre ce qui se fait chez Vita Rice et l’implémenter dans ces pays africains. Ce qui cadre très bien, dit-il, avec la politique d’intégration régionale par rapport aux produits agricoles. Au ministre Faugoo d’ajouter que ce projet cadre également très bien avec la politique du gouvernement quant à la sécurité alimentaire. « Nous pouvons faire ce que nous faisons déjà dans la culture de pomme de terre et d’oignon dans celle du riz et pourquoi pas dans d’autres produits agricoles ».
Jairam Ramjee, cultivateur de cannes, était également présent à cette occasion en compagnie de ses collègues de Dubreuil. Il estime que le projet de culture de riz est bon mais encore faut-il l’adapter aux terres de Dubreuil. « Puis, nous devons bénéficier de certaines aides de la part de l’État afin de pouvoir investir dans ce nouveau projet », déclare-t-il. Ces planteurs se plaignent d’un manque de main-d’oeuvre mais aussi du coût élevé des fertilisants.