British Sugar, filiale d’AB Sugar, et le Syndicat des Sucres ont signé hier un accord commercial portant sur la commercialisation de 100 000 tonnes de sucre blanc mauricien en Grande-Bretagne et en Europe. L’accord entrera en vigueur à l’expiration du contrat liant le syndicat avec Suedzucker en septembre prochain. « Cet accord nous permettra de servir plus efficacement nos clients directement », a déclaré Richard Pike, Managing Director de British Sugar. Pour sa part, Mark Carr, Group Chief Executive d’AB Sugar, se dit convaincu que l’accord conclu entre le Syndicat des Sucres et son conglomérat sucrier permettra une collaboration plus étroite avec l’industrie sucrière mauricienne.
AB Sugar, considéré comme un géant mondial dans le domaine du commerce sucrier, a pour ambition de devenir un des producteurs les plus efficients dans le monde en offrant aux consommateurs une large variété de produits sucriers et non-sucre. Le groupe britannique a des opérations dans dix pays. Ses 29 usines à travers le monde ont une capacité de production de cinq millions de tonnes de sucre, employant quelque 40 000 personnes. Il est présent en Chine et en Espagne.
Détenant la majorité d’actions dans Illovo Sugar, le plus grand producteur de sucre en Afrique, AB Sugar est présent en Afrique du Sud, au Malawi, en Zambie, au Swaziland, en Tanzanie et au Mozambique, et traite tout le sucre de betterave produit en Grande-Bretagne, ce qui représente une production sucrière de plus d’un million de tonnes. La compagnie importe déjà 30 000 tonnes de sucres spéciaux mauriciens. « Notre partenariat avec Maurice permettra d’optimiser les revenus sucriers de l’île », insiste Mark Carr. « Il nous permettra de travailler plus étroitement avec le Mauritius Sugar Syndicate et de nous entraider afin d’être plus productifs à long terme. »
Un accord portant sur la commercialisation de 130 000 tonnes de sucre a été conclu avec le groupe français Cristalco récemment. Comme l’a expliqué le directeur du Mauritius Sugar Syndicate (MSS), Devesh Dukhira, ces accords s’inscrivent dans le cadre de la préparation de Maurice à la rude compétition qui interviendra avec la libéralisation du marché sucrier européen en 2017. L’industrie sucrière mauricienne a eu à s’adapter constamment à la situation sur le marché sucrier en Europe et dans le monde. Avec la fin du Protocole Sucre liant l’Union européenne aux producteurs sucriers du groupe ACP, Maurice a, avec l’aide de la Commission européenne, mis en oeuvre scrupuleusement les mesures préconisées dans le cadre de la Multi Annual Adaptation Strategy caractérisées par la centralisation de l’industrie sucrière et son passage à une industrie cannière plus intégrée. Outre le passage de la production du sucre roux à celui du sucre blanc, l’industrie cannière produit de l’énergie électrique à travers ses Independent Power Producers (IPP), ainsi que de l’éthanol et d’autres sous-produits.
Maurice exporte environ 300 000 tonnes de sucre blanc vers l’Europe et environ 120 000 tonnes de sucres spéciaux vers l’Europe, les États-Unis ou le Moyen-Orient. Les accords conclus avec Cristalco, British Sugar et, bientôt, Real Foods permettent aux producteurs mauriciens d’avoir accès à des marchés niches. Tout laisse croire que le surplus de production qui entraîne une baisse sensible des prix sur le marché européen devrait se stabiliser avec une croissance annuelle de la consommation mondiale, qui devrait atteindre 200 millions de tonnes en 2020. La production sucrière à Maurice pour la saison 2014/2015 devrait atteindre quelque 405 000 ou 406 000 tonnes au lieu de 415 000 tonnes prévues en raison du mauvais temps alors que la récolte sucrière devrait durer jusqu’à la semaine prochaine.