De temps en temps nous, peuple admirable de ce petit coin de paradis terrestre, sommes servis et gratifiés par des déclarations de notre Premier ministre qui pourraient se répertorier comme des messages messianiques! L’on ne peut tenir rigueur à ceux et celles, surtout étrangers, qui, l’écoutant et surtout le voyant déclamer pour la première fois, avec la complicité de notre boîte à propagande nationale, seraient tentés de lui chanter des louanges et nous envier la ‘chance’ d’avoir à la tête du pays un tel personnage! Sauf que deux ou trois déclamations plus tard, l’on déchante aussi rapidement que l’on se serait laissé gagner par  le mesmérisme de ses paroles tant mielleuses qu’évangélisantes. Admettons-le. Ses services n’ont pas lésiné sur les moyens de lui donner une image de communiquant efficace. Sauf que son audience locale n’est pas dupe! L’on y décèle dans ses prestations publiques une dissonance constante entre ses dires et ses actes, quand ça ne sonne tout simplement pas creux.
   Quelques exemples: Égalité des chances? L’on a qu’à voir du côté de l’aéroport et des plages publiques dans le nord et l’est du pays. Même les îlots y passent. L’on a souvent évoqué la nomination de petits copains, de surcroît incompétents, à la tête de nos institutions et donc, il n’y a pas lieu de s’y attarder.  Autant pour la reconnaissance des compétences locales et la valorisation du travailleur mauricien! Les récentes statistiques quant au taux de chômage dans le pays et en contre-partie, le nombre de travailleurs étrangers dans l’économie, tant officielle qu’informelle, sont une indication de la contradiction qui sévit.
   De même pour les déclarations faites, ad nauseam, concernant l’éducation et le transport gratuits. Mettre des facilités à la disposition de nos jeunes citoyens pour qu’ils puissent bénéficier d’une éducation adéquate est une bonne chose en soi, mais faut-il encore que ces facilités soient délivrées de façon agissante et efficace. Or, ce n’est nullement le cas, à telle enseigne que les parents doivent se rabattre sur leurs moyens propres en faisant des sacrifices énormes. Des articles de presse,ces derniers jours, ont démontré clairement les sommes conséquentes qu’ils doivent débourser pour leçons particulières, matériel scolaire et transport. D’autre part, l’on ne cesse de nous annoncer la construction de nouveaux campus universitaires dans l’objectif d’avoir au minimum un diplômé par famille. Louable initiative, mais quelles sont les possibilités d’emploi une fois le diplôme en poche? Et quid de ces « universités » dont les diplômes sont remis en question, incluse celle où le Ministre de l’éducation tertiaire a été Trustee. Celui-là même qui vient de blâmer les jeunes diplômés qui se retrouvent au chômage – plus de 5,000 – car, ‘conseille’-t-il, ils n’ont pas su  choisir les bonnes filières pour s’assurer un emploi. Mais où donc est passée la planification, l’île Maurice prospective?
   Et encore ces mots et phrases qui reviennent régulièrement dans les propos mais sans suite aucune….compétence, méritocratie, société démocratique, respect pour la liberté, lutte contre la corruption, transparence, entre autres. Mais les exemples du contraire de tous ces principes sont légion, donc pas besoin ici d’élaborer davantage. Ah oui, Singapour! Il n’y a qu’à Singapour que tout est parfait d’après notre honorable Premier Ministre. C’est un pays où, d’après lui, c’est zéro tolérance s’agissant de tout ce qui est négatif, tout ce qui ronge une société dite moderne et démocratique: corruption, fraude et, par extension, passe-droits, népotisme, favoritisme, copinage, ainsi de suite. Et bien, on ne peut que saluer un tel état des choses. Bravo donc, pour nous le rappeler de temps en temps. Mais, quelle suite ici, mis à part le fait de faire appel à l’expertise singapourienne pour n’importe quoi…par exemple, comme dénoncé ici même, pour venir nous dire que nous devons remplacer les conduits vétustes de la CWA pour prévenir  la fuite d’eau et améliorer le système de distribution! Et encore, les nouvelles cartes d’identité, à prix faramineux, pour ne mentionner que ces deux exemples, parmi tant d’autres qui pullulent.   
   Et voilà qu’à Davos, alors que notre Premier ministre s’enorgueillit de notre soi-disant économie bleue, qui est sur la table depuis plusieurs années sans action concrète, c’est le Président des Seychelles qui, à Abu Dhabi lors de la Conférence mondiale sur l’énergie future, reçoit les louanges pour avoir su traduire dans les faits ce concept d’économie bleue. Ne parlons pas de son opération ‘brosse la tête’ du Ministre des Finances indien, on connaît la conséquence sur les négociations qui devaient débuter ce lundi, et qui ont été suspendues, nonobstant la raison officielle avancée de l’indisponibilité soudaine du chef de la délégation indienne!
    Quant à ses explications de ‘pénitence divine’ qu’aurait subit le sanguinaire Ariel Sharon, resté dans le coma pendant huit ans, qu’est-ce qu’il dira de l’état comateux dans lequel se sont retrouvées ou se retrouvent tant de personnes et non des moindres, comme Mandela, Margéot, Schumacher ou encore le petit Farhaan tout récemment!
   Dans cette même ligne de pensée divine, l’on peut se demander si c’est une ‘pénitence’ que notre société comateuse subit, ayant un tel régime à la tête du pays?