La nécessité d’adopter une politique de zéro tolérance en ce qui concerne la sécurité des touristes figure en bonne place des propositions de l’Association des Hôteliers et des Restaurateurs de l’Île Maurice, qui ont été soumises au Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, dans le cadre du budget 2017-2018.
« La sécurité est primordiale et le gouvernement devrait adopter une politique de tolérance zéro face au vol, au harcèlement et autres actes malveillants. Cela passe par l’installation de caméras de surveillance aux endroits stratégiques, à l’affichage obligatoire des prix dans les magasins ou encore par l’utilisation de taximètres. Bien des outils technologiques peuvent aider à amener la destination au niveau de qualité que vise le pays », a déclaré le président de l’AHRIM, Jean-Louis Pismont. La réinvention de l’école hôtelière, l’ouverture à l’expertise étrangère, la nécessité de rendre Maurice plus attractive, la stimulation des investissements, la facilitation de l’action des hôtels en faveur du développement durable et l’adoption d’une politique de fiscalité verte plus juste figurent parmi les priorités de l’AHRIM.
Bien que de nombreux hôtels forment leur propre personnel et que des écoles privées aient enrichi l’offre, l’AHRIM demeure inquiète face au retard accumulé par l’École hôtelière Sir Gaëtan Duval. « Il y a un décalage important entre la qualité de la formation dispensée et les besoins de l’industrie. Dans sa configuration actuelle, cette école nationale ne peut survivre », déclare Jean-Louis Pismont. L’association demande notamment au gouvernement de considérer l’introduction de programmes professionnels dans le système scolaire, au moment où nous passons Nine-Year Schooling.
La pénurie de compétences qualifiées appelle une plus grande proactivité mais surtout l’ouverture à l’expertise étrangère, estime l’AHRIM. « Faciliter le recrutement des compétences étrangères est absolument indispensable. L’hôtellerie est une industrie globale, un secteur dynamique avec des exigences de plus en plus complexes. Il nous faut accepter les limites de nos ressources et reconnaître qu’apprendre auprès d’une main-d’oeuvre étrangère ne pourra qu’être bénéfique au développement de celles-ci », ajoute Jean-Louis Pismont.
L’environnement général doit être rendu plus salubre. L’AHRIM appelle de tous ses voeux la mise sur pied d’un Comité national pour régler une fois pour toutes le problème des chiens errants. L’association note aussi le niveau insuffisant de la signalisation routière. Sur le plan du développement durable, elle invite le gouvernement à revoir la taxe sur la protection de l’environnement imposée au secteur de l’hospitalité depuis 2002. « Nous sommes déjà très actifs en matière de protection de l’environnement. Au lieu de cette taxe, nous souhaiterions des incitations plus pertinentes en matière fiscale afin de pouvoir mettre en place des projets « verts » qui bénéficieraient à la localité de façon élargie, et qui seront surtout visibles tous les jours », dit le Chairman.
Les hôteliers s’attendent à ce que la dépréciation de la livre sterling et de l’euro, les élections en Europe et les prix du pétrole à la hausse impactent leurs revenus futurs. Les statistiques ne sont pas non plus réjouissantes : les dépenses par touriste baissent ou stagnent depuis plusieurs années et le taux de remplissage affiché par les compagnies aériennes sur nos principaux marchés touristiques est en baisse depuis le début de 2017.
L’AHRIM appelle donc le gouvernement à régler rapidement certaines questions rémanentes et à soulager l’industrie de certains frais jugés trop élevés. Elle rappelle, pour exemple, une mesure temporaire introduite en 2009, au moment de la crise économique, visant à réduire le loyer pour les hôtels en rénovation. Cette mesure avait permis à l’industrie de reprendre son souffle et l’AHRIM souhaiterait qu’elle devienne permanente. L’association demande également que les îlots sur lesquels aucun hôtel n’est érigé fassent l’objet d’un traitement spécial en matière de loyer de bail, leurs activités ne leur offrant pas la même rentabilité que les hôtels.
Deux autres propositions importantes sont faites par l’AHRIM : permettre à certains hôtels de conclure un contrat d’échange avec le CEB et rationaliser la tarification d’électricité pour les hôtels. Les hôtels sont, pour la plupart, dotés de générateurs de grande capacité. En cas de forte demande dans le pays, ils pourraient se retirer du réseau et ainsi permettre au CEB de faire de grosses économies sur leur production marginale, amortissement d’équipement compris. En ce qui concerne la tarification d’électricité, la structure actuelle est peu adaptée à la saisonnalité du tourisme. « De manière générale, nous sommes d’avis que le gouvernement devrait être sensible aux nombreuses initiatives prises par les hôtels pour réduire leur consommation d’énergie, et revoir le tarif qui est appliqué à notre secteur. Contrairement à plusieurs autres industries, nous payons l’électricité au prix fort et on nous confisque une part de nos économies », explique Jean-Louis Pismont.
Enfin, l’ARHIM prône une plus grande égalité de traitement en matière de régime fiscal entre les différentes catégories d’opérateurs. Les différences, dit-elle, ne sont pas toujours justifiables. Un alignement, fondé sur une approche orientée vers le consommateur, garantirait plus de sérénité dans les relations entre opérateurs. Cette demande n’empêche pas l’ARHIM de plaider pour qu’un effort financier spécial soit fait en faveur des petits et moyens hôtels qui, ne s’étant pas encore remis des pertes des dernières années, ne peuvent se permettre de fermer pour rénovation.