L’International AIDS Candlelight Memorial 2018 a été marqué à Maurice le 20 mai lors d’un rassemblement au Caudan Waterfront, PortLouis. Dans ce cadre PILS lance une campagne pour souligner que le traitement peut arrêter l’épidémie. Les bougies allumées viennent rappeler les réalités du VIH/ SIDA.

Le VIH/SIDA est toujours d’actualité. Malgré le silence qui l’entoure, il est une réalité et les enjeux sont les mêmes. C’est ce qu’a été souligné l’International AIDS Candlelight Memorial 2018, lorsque les bougies ont été allumées à Port-Louis. À Maurice, une hausse dans les nouveaux cas détectés est indiquée depuis quelques années. Les chiffres officiels du ministère soulignent 368 nouveaux tests positifs en 2017, 319 en 2016, 262 en 2015, 322 en 2014 et 260 en 2013. Le nombre de tests en laboratoire est paradoxalement en baisse. Cette situation est intervenue dans un contexte où le gouvernement, à travers l’ex-ministre de la Santé, Anil Gayan, avait décidé de revoir son approche face à VIH/SIDA, malgré les réserves et les inquiétudes exprimées par la société civile et des spécialistes de la Santé.

C’est dans ce même contexte que la prévention au niveau national s’est fait de plus en plus timide, au point de devenir presque inexistante. Il est à souligner que 27,2% des 7,039 cas offi ciellement répertoriés à Maurice concernent des infections par voie sexuelle entre hétérosexuels. 64,4% sont des usagers de drogues par voie intraveineuse, qui sont parmi les plus vulnérables. Ces derniers sont loin d’être les seuls à être concernés par le problème. Depuis quelques années, de plus en plus de jeunes sont touchés. Par ailleurs, la hausse dans les grossesses juvéniles indique que faute d’avoir été convenablement sensibilisés, beaucoup de jeunes ont des comportements à risque tout en étant de plus en plus sexuellement actifs.

Se préparer pour l’avenir. Cette année, PILS a décidé de marquer l’AIDS Candlelight Memorial en retenant le thème suivant : “Réfléchir sur notre passé. Se préparer pour notre avenir”. “Il est possible d’envisager de mettre fin à l’épidémie du SIDA d’ici 2030. La raison pour laquelle nous regardons l’avenir avec un tel optimisme réside dans le Traitement Antirétroviral (TAR). Depuis l’annonce du professeur Hirschel en 2008, de nombreuses études scientifiques confirment qu’une personne vivant avec le VIH bénéficiant d’un traitement antirétroviral et qui adhère à son traitement obtient une charge virale indétectable. C’est-à-dire que la quantité de virus dans son corps est pratiquement nulle et, de ce fait, si cette charge virale est indétectable depuis les six derniers mois, cette personne ne transmet plus le virus via un rapport sexuel, même si ce rapport sexuel est non-protégé”, précise l’ONG.

Un message qui est particulièrement adressé aux quelque 4,000 personnes qui ne font plus de suivi. “Nous souhaitons, à travers le message Indétectable = Intransmissible, insuffler de l’espoir à ceux vivant avec le VIH. Il est important que les personnes vivant avec le VIH entendent ce message afin qu’ils puissent réaliser qu’une meilleure santé et une vie sexuelle épanouie sont possibles.” De manière plus générale, l’espoir aurait pu être permis. Cependant, PILS précise : “Le combat est loin d’être terminé, car nos lois répressives et rétrogrades augmentent les risques de nouvelles contaminations. La discrimination et la stigmatisation de l’homosexualité, du travail du sexe, et la criminalisation des personnes qui consomment des drogues renvoie ces populations vers plus de précarité et d’insécurité, les éloignant des services de santé et de soins.”