Les propos de Pravind Jugnauth et de Showkutally Soodhun, respectivement leader et président du MSM, pour qualifier la démarche de Mireille Martin, leur ex-camarade de parti devenue ministre de l’Égalité des genres, sont diversement commentés par les femmes engagées en politique active. Le ton est acerbe entre les dirigeantes des ailes féminines du Ptr et du MSM, qui se donnent la réplique.
Après la Commission des femmes du MMM qui avant-hier a exprimé son indignation par rapport surtout à la référence à l’enfant de Mireille Martin dans les déclarations publiques de M. Soodhun, c’est la polémique depuis hier entre les femmes engagées au sein du Ptr et celles se trouvant du côté du MSM. Lors d’une conférence de presse de l’aile féminine de son parti hier, Sheila Bappoo était catégorique : « Soodhun et Pravind Jugnauth doivent présenter des excuses à Mireille Martin d’abord et à l’ensemble des femmes du pays ». Sheila Bappoo, seule intervenante au cours de cette conférence de presse, s’en est pris d’abord à Pravind Jugnauth pour le terme « député à l’encan » pour désigner Mireille Martin. « Se enn langaz retrograd, insiltan e degoutan. Ti pe koz vent-a-lankan pandan peryod esklavaz kot aste e vande. Eski se sa ki dan lespri MSM ? Se enn langaz infek delapar de enn leader enn parti » a déclaré S. Bappoo en soulignant aussi le statut d’ancien vice-Premier ministre du leader du MSM. La porte-parole de l’aile féminie du Ptr s’est demandée pourquoi le leader du MSM a porté son choix sur Mireille Martin en utilisant ce terme. « Eski parski li enn fam ? Eski par rapor a so kominote ? ou eski par rapor a so kouler ? ». Le langage employé par Pravind Jugnauth, selon Mme Bappoo, « est une atteinte directe à la dignité » de leur collègue Mireille Martin mais constitue aussi « une insulte à l’égard des femmes en général ». D’où l’insistance des membres de l’aile féminine de ce parti pour que le leader du MSM présente ses excuses.
S’agissant de l’allusion de M. Soodhun à la fille de Mireille Martin, Mme Bappoo souligne que celle-ci est mineure et de ce fait, selon elle, « Soodhun a exposé au pays tout entier la vie de famille de Mireille Martin. Li pe servi so zanfan lor enn platform politik e nou kondann sa kalite langaz-la. Soodhun a violé la Convention Internationale des Droits des Enfants qui protège les droits des enfants et il doit lui aussi des excuses à Mireille Martin », qui précise que sa collègue lui aurait affirmé que sa fille « a été traumatisée » par de telles déclarations politiques.
Leela-Devi Dookun, la présidente de l’aile féminine du MSM, n’a pas tardé à réagir aux commentaires faits lors de cette conférence de presse des femmes du Ptr.  D’abord elle se dit outrée par les allusions directes de Mme Bappoo à la couleur de la peau en prenant la défense de Mireille Martin. « Elle a tourné la discussion sur un ton communal et cela ne fait pas honneur à la classe politique », dit-elle au Mauricien ce matin.  
Selon Mme Dookun, le leader du MSM en utilisant le terme “député à l’encan” a voulu faire comprendre ce qui s’est passé et elle n’est pas tendre envers son ex-collègue de parti. « Un transfuge reste un transfuge qu’on soit homme ou femme.  Quand je fais un acte de trahison je ne viens pas me cacher ensuite derrière mon statut de femme. Avant son départ, Mireille Martin est venue dire aux dirigeants du parti qu’elle était en train d’être harcelée en donnant force détails. Elle nous dit qu’elle reste fidèle au parti, en ajoutant qu’elle est même fière de la confiance placée en elle en lui confiant le poste de vice-présidente. Mais le lendemain elle passe dans l’autre camp, dans le camp des harceleurs. C’est clair qu’il y a eu une proposition qui a fait pencher la balance dans le camp des harcéleurs », réplique Mme Dookun.  
S’agissant de l’indignation exprimée par la porte-parole de l’aile féminine du Ptr quant à la référence à la fille de Mireille Martin dans ces présentes querelles politiques, Leela-Devi Dookun répond: « Je trouve abominable que Mme Bapoo qui a été ministre des Droits des enfants utilise elle aussi l’enfant de sa nouvelle collègue pour faire de la politique ».