En mission à Bruxelles, où l’Association internationale des Maires francophones avait tenu un atelier de travail sur l’interculturalité, le Lord-maire Mahmad Kodabaccus s’est rendu par la suite à Londres pour établir des contacts à la City Hall, où il a rencontré l’adjoint au Lord-maire Richard Burns. Le lendemain, il a été reçu à la Central Court où il a déjeuné en compagnie de juges, de conseillers municipaux et de Wendy Mead, une des deux shérifs de la capitale anglaise.
Mahmad Kodabaccus a présenté l’expérience mauricienne en matière de cohabitation pacifique des citoyens issus de milieux culturels et religieux différents. À l’issue de ce colloque des maires de pays francophones, deux chercheurs, qui sont également professeurs d’université, ont porté un grand intérêt à la réussite de cette cohabitation et se sont entretenus avec Mahmad Kodabaccus pour mieux se familiariser avec l’approche locale. Ils comptent amener d’autres pays africains à tenter l’expérience.
À Londres, le Lord-maire a eu des discussions avec Richard Burns sur des projets de coopération entre les deux capitales. « M. Burns est favorable à cette idée que Londres et Port-Louis aient des échanges entre elles, favorables à toutes les deux. Nous avons évoqué les axes possibles de cette éventuelle coopération », a déclaré au Mauricien le Lord-maire, qui est rentré dimanche.
Mahmad Kodabaccus précise qu’un accord n’interviendrait qu’après l’élection mairale, prévue pour être tenue en mai. Il a eu des pourparlers avec des membres du conseil municipal d’Enfield, un quartier de Londres ainsi qu’à la Greater London Municipal Corporation.
Mais ce qui a le plus marqué le Lord-maire lors de cette visite à Londres, c’est l’ambiance sélecte dans laquelle il a été reçu à la Old Bailey Courthouse. L’immeuble abrite non seulement des salles d’audience pour entendre des procès criminels, mais également les bureaux des shérifs.
Lors du déjeuner, le lord-maire a rencontré des juges, dont certains ont représenté des Mauriciens devant la justice britannique, alors qu’ils étaient encore avocats du barreau de Londres, comme le juge Nicholas Cooke, qui avait accompagné Cehl Meeah à Maurice quand celui-ci était recherché par la police mauricienne, où encore les anciens avocats de Soo Soobiah, l’ancien haut-commissaire de Maurice en Grande-Bretagne, et de Gérard Tyack, qui avait fait appel au Privy Council, où il avait contesté la sentence prononcée contre lui dans l’affaire Air Mauritius.
Les shérifs datent du temps des Saxons. Même avec l’institution du maire en 1189, les shérifs ou les Shire Reeves ont continué à diriger les affaires à la Cité de Londres, en tant que représentants du Roi. Ils collectaient les revenus imposés et appliquaient la justice royale.
Aujourd’hui, deux shérifs sont nommés chaque année au Midsummer’s Day. Ils ont entre autres pour mission d’accompagner le Lord-maire dans ses activités officielles, de suivre les sessions de la Central Criminal Court d’Old Bailey et de présenter des motions et des pétitions venant de la mairie, au parlement, au barreau et à la Chambre des Communes.