« On perdrait tout si on avait à attendre l’arrivée des élections pour conclure le deal concernant l’achat des nouveaux A350-900 », a soutenu le président d’Air Mauritius, Dass Thomas, lors d’une conférence de presse en compagnie d’Andre Viljoen, directeur général de la compagnie nationale d’aviation et des dirigeants de celle-ci. « On ne sait même pas quand les élections auront lieu. De toute façon on a eu le soutien du majority shareholder à savoir le gouvernement avant d’aller de l’avant avec l’achat de nouveaux aéronefs », a poursuivi Dass Thomas.
Air Mauritius a annoncé la semaine dernière sa décision de remplacer ses A340-300 par quatre A350-900 et a aussi fait valoir ses options pour l’achat de deux ou trois autres appareils entre 2023 et 2025.
Lors de sa conférence de presse hier, Dass Thomas a nié qu’Air Mauritius ait agi avec empressement dans le choix des nouveaux avions. « C’est un exercice qui a commencé il y a presque deux ans et pendant plus de neuf mois il y a eu un travail non-stop focalisé sur les analyses et le choix d’avion pour le futur », a-t-il dit. Selon lui, « si on n’avait pas commandé maintenant ces appareils on aurait perdu des « slots » ; les producteurs n’attendent pas Air Mauritius », a-t-il insisté. « On aurait peut-être eu à attendre au-delà de 2022 pour remplacer les A340-300 qui sont en service depuis 28 ans. Je ne suis pas en faveur de ce type de prise de décision », a-t-il souligné. M. Thomas a expliqué que le travail a été fait en toute transparence. S’agissant du prix payé par Air Mauritius concernant l’achat des avions, Dass Thomas a affirmé qu’Air Mauritius a eu le « best deal ». Il a soutenu, toutefois, que le coût des avions constitue une sensibilité commerciale qui ne peut être divulguée parce que cela créera un désordre entre les deux avionneurs principaux. Il a expliqué que le président d’Airbus a félicité Air Mauritius pour avoir été très dur durant les négociations. « Il m’a fait comprendre que ce que nous avons eu un deal exceptionnel avec Airbus qui n’a pas été accordé aux plus grandes compagnies du monde », a-t-il dit.
Dass Thomas a aussi insisté que concernant la Technical dispatch Reliability Garantee, Air Mauritius a obtenu la meilleure garantie possible. « Je vois que certaines personnes se demandent si Air Mauritius a eu toutes les garanties nécessaires. La réponse est oui, on est satisfait de cette garantie », a-t-il dit. Pour ce qu’il s’agit du financement, M. Thomas a insisté sur le fait qu’Air Mauritius n’est pas en train de demander un sou au gouvernement. « On ne lui a pas demandé de mettre encore de l’argent ». Le remboursement sera effectué à travers le financement généré par la compagnie. Dans sa présentation faite à cette occasion, André Viljoen avait fait ressortir que les prêts contractés par Air Mauritius seront remboursés par des fonds générés à l’intérieur de la compagnie aérienne. « The lease rental deposit and monthly rentals are paid from internally generated funds. The pre delivery payments schedules for A350-900 are payable over 5 years and are financed from short/medium term facilities which are repaid from internally generated fund », a expliqué M. Viljoen.
Dass Thomas s’est ensuite appesanti sur la compétition féroce à la laquelle Air Mauritius est confrontée. Emirates a commencé par quatre vols par semaine, aujourd’hui elle opère un Airbus 380 quotidiennement et bientôt la compagnie passera à deux A380 avec une moyenne de 1 000 passagers par jour. « Ces compagnies croient dans la destination mauricienne ». Il a reconnu qu’Air Mauritius a perdu une part du marché dans le cadre de la compétition. « Cela est dû au fait que les passagers mauriciens et étrangers choisissent le confort. Peut on se permettre de rester les mains croisées et laisser la compétition « eat us up » ? » s’est-il demandé. M. Thomas insiste sur fait qu’Air Mauritius n’a pas pris une décision hâtive à la veille des élections. Il a rappelé qu’en 2005 à la veille des élections, Air Mauritius avait pris la décision d’acheter de nouveaux avions.
Pour sa part, André Viljoen s’est appesanti sur les mesures prises pour restaurer la profitabilité à Air Mauritius et sur les raisons pour lesquelles Air Mauritius a finalement opté pour le A350-900 plutôt que le Boeing 787-9. Il a expliqué qu’après avoir travaillé sur le « long haul » qui fournit le gros des revenus d’Air Mauritius, la compagnie se concentrera sur le « short haul ». La flotte d’avions sera revue à la fin d’octobre.