La compagnie aérienne nationale, qui a amorcé la mise à exécution d’un nouveau Business Model afin de faire face à la crise, verra un important changement à sa tête avec la prochaine assemblée des actionnaires convoquée pour le 26 courant. L’actuel président du conseil d’administration, Kamal Taposeea, est actuellement sur le chemin du départ. Son nom ne figure pas sur la liste des directeurs de la compagnie aérienne à être reconduits dans leurs fonctions pour la prochaine année financière. Un autre changement devra intervenir à cette même occasion avec le départ du board de Tim Taylor, représentant les intérêts du groupe Rogers au sein d’Air Mauritius. Il sera remplacé par Louis Rivalland de l’Anglo-Mauritius et jusqu’à tout récemment président du Joint Economic Council (JEC).
À ce stade, très peu de détails ont transpiré quant au choix du gouvernement pour la succession de Kamal Taposeea à la présidence du conseil d’administration de la compagnie aérienne. Avec la nomination du nouveau Chairman, il sera le troisième en quatre ans après notamment le départ de Sanjay Bhuckory dans le sillage de la Hedging Saga de 2008/09. La décision devra se jouer entre Raj Ringadoo, de la State Investment Corporation et Kremchand (Kishore) Beegoo car ils sont considérés comme étant les plus cotés parmi les membres du conseil d’administration.
Officiellement, Tamal Taposeea, qui siège également depuis le début de cette année sur le Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice, prend ses distances de la direction d’Air Mauritius en vue de poursuivre sa carrière professionnelle sur le plan international. Dans la conjoncture, la question qui se pose au sein de la compagnie aérienne est si la présidence de la prochaine assemblée des actionnaires au Centre international de conférences de Grand-Baie sera assurée par un suppléant. La désignation du nouveau Chairman devra intervenir lors de la première réunion du board après la prochaine assemblée générale.
Les actionnaires d’Air Mauritius seront également appelés à procéder à l’élection du Chief Executive Officer par intérim de la compagnie, André Viljoën, et de Rohit Nandan, le Chairman and Managing Director d’Air India, sur le conseil d’administration. Ces derniers avaient été nommés sur le board. De son côté, Tim Taylor, qui représentait les intérêts de Rogers, se retire du conseil d’administration. Son remplaçant désigné est Louis Rivalland.
Par ailleurs, les questions et motions déposées par des actionnaires d’Air Mauritius, dont Raj Ramlagun, secrétaire de la Listed Companies Minority Shareholders Association, et Awadh Balluck, font partie de l’agenda de la prochaine assemblée des actionnaires. Les deux principales motions portent sur la mise sur pied d’un Fact-Finding à quatre volets réclamés, notamment sur la Hedging Saga de 117,9 millions d’euros de Bhuckory/Ujoodha, le Rebranding Exercise de 2008, les suspensions des Managers et les recrutements depuis 2008 ainsi qu’une motion réclamant la présence de deux représentants des Minority Shareholders sur le board.
Le secrétaire de la Listed Companies Minority Shareholders Association se félicite de cette nouvelle démarche de transparence de la part de la direction générale de la compagnie aérienne nationale. « This is very praiseworthy indeed. Let us hope that the final decision by the Board through the voting at the AGM will show clearly where the Directors’ convictions and duties are with regards Air Mauritius’ past, present and future interests », fait-il comprendre dans un e-mail adressé aux members de l’association des actionnaires minoritaires.
Par ailleurs, les employés d’Air Mauritius se préoccupent de deux aspects majeurs, notamment l’audit du personnel — actuellement en cours en vue de décider de la taille optimale de la compagnie en cette période de crise internationale — et l’éventualité d’un partenariat stratégique pour la compagnie. Il ne fait aucun doute que ces questions seront abordées en priorité lors de l’assemblée des actionnaires du 26 juillet.