Commentant, hier, la situation à Air Mauritius, Paul Bérenger devait insister sur la responsabilité de Xavier Duval en tant qu’ancien ministre des gouvernements Ramgoolam. Il accuse le numéro 2 du gouvernement de vouloir, une fois encore,  « se dérober après avoir, pendant des années, été partie prenante de la mauvaise gouvernance aux côtés de Navin Ramgoolam ». Il se dit, par ailleurs, « choqué » par le refus du Premier ministre de commenter la situation « par peur de froisser son adjoint ». Ce qui lui fait dire que, « tout Rambo qu’il est, sir Anerood Jugnauth ne contrôle plus rien ». Selon Paul Bérenger, le MSM qui dénonçait, hier, « avec raison », la façon de faire du gouvernement travailliste dirige, aujourd’hui, le pays de la même manière que le gouvernement PTr d’hier, si ce n’est en faisant pire.
Il cite en exemple les travaux parlementaires. Le leader de l’opposition accuse le gouvernement MSM d’avoir, intentionnellement, choisi que l’Assemblée nationale siège mercredi prochain plutôt que mardi en vue, selon lui, d’éviter que la tranche réservée aux interpellations parlementaires ne soit inscrite à l’ordre du jour.
Il s’agira, selon lui, d’une ultime séance avant des vacances parlementaires prolongées de quatre mois alors même que « tout est sens dessus dessous dans le pays ». Un sentiment qui, d’après Paul Bérenger, est désormais largement partagé dans le pays de même qu’à l’étranger. « Nous sommes en présence d’un gouvernement qui ne maîtrise pas la situation et qui est dépassé par les événements », soutient-il.
Citant, d’abord, l’affaire Bramer Bank / BAI, Paul Bérenger affirme, une fois encore, que ce dossier continuera de « polluer » pour longtemps le climat des affaires dans la mesure où, répète-t-il, il a été « mishandled » par le gouvernement.
Il en veut pour preuve le fait que, d’une part, les promoteurs ont interjeté appel en cour et que, d’autre part, des fournisseurs des sociétés concernées sont confrontés à d’énormes problèmes. Sans compter, par ailleurs, explique-t-il, la colère qui gronde chez les petits investisseurs.
Paul Bérenger aborde, ensuite, les difficultés du moment d’Air Mauritius. Il ne manque pas, à cet égard, d’insister sur la responsabilité de Xavier Duval en tant qu’ancien ministre des gouvernements Ramgoolam de 2005 à 2014. « Déjà, dit-il, dans l’affaire BAI, sa responsabilité est engagée depuis 2013 ». Il en est de même pour l’affaire Betamax : « C’est Duval qui avait, sous le gouvernement Ramgoolam, présidé le comité ministériel qui avait donné le feu vert pour que le contrat d’acheminement maritime de nos besoins en pétrole soit accordé à cette société ».
Le leader de l’opposition trouve que par rapport au problème auquel le transporteur national est confronté, une fois encore, le deputy Prime minister et ministre du Tourisme essaie de se dérober, et a recours au bluff. Enfonçant un peu plus le clou, Paul Bérenger cite le nouveau Conseil d’administration d’Air Mauritius « nommé par Duval avec ses Bissoon Mungroo et Prakash Manthrooa ».
Le leader des mauves se dit « choqué » que, « tout Rambo qu’il est », le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a choisi d’éviter de commenter pour la presse la situation à Air Mauritius par peur de ne pas froisser son adjoint. Ce qui fait dire à Paul Bérenger que sir Anerood « ne contrôle plus rien ».
De l’affaire MPCB (Mauritius Post and Cooperative Bank) — la toute dernière mise à jour —, il accuse « certains au gouvernement » de vouloir épargner le dénommé Rakesh Gooljaury. Il dresse, à cet effet, un parallèle avec l’affaire Duty Free Paradise.
« Lutchmeenaraidoo ne contrôle plus rien »
Là encore, Paul Bérenger critique le « board » nouvellement constitué de cette banque à capitaux d’Etat qui est, dit-il, présidé par un ancien candidat battu du MSM et qui comprend, entre autres membres, « le chef agent d’un ministre », de même que « lot madam-la ». Ce qui révèle de la « politisation outrancière » de cette institution bancaire, affirme-t-il.
Pour leader de l’opposition, Vishnu Lutchmeenaraidoo, est « complètement dépassé par les événements ». Alors que, explique-t-il, il est question d’injecter Rs 500 millions des fonds publics dans la MPCB, l’on demeure dans le flou quant à l’avenir de la Banque de Developpement (DBM).
Paul Bérenger ajoute, par ailleurs, qu’après le retrait du permis d’opérer de l’ex-Bramer Bank, les autorités ont été contraintes de fonder la National Commercial Bank (NCB) dans la mesure où la State Bank of Mauritius (SBM) a refusé de reprendre les affaires de l’ex-Bramer. Il dit s’attendre à ce que l’on vienne annoncer, à l’avenir, qu’il n’y a plus besoin d’une banque pour les PME comme promis durant la campagne électorale.
Revenant à la MPCB, Paul Bérenger laisse entendre qu’il entend demander à Xavier Duval de venir s’expliquer lors d’interpellations à l’Assemblée nationale. « Duval, dit-il, veut, aujourd’hui, trop facilement se tirer d’affaire alors qu’il a, pendant neuf longues années, participé à la mauvaise gouvernance de Ramgoolam ».
Parlant de crédits « par millions » avancés au groupe BAI par d’importantes institutions bancaires comme la SBM, la Mauritius Commercial Bank (MCB) et la Barclays Bank, Paul Bérenger doute fort que ces grandes banques acceptent de « write-off » ces importantes dettes « rien que pour les beaux yeux de Vishnu! » Ce qui confirme son appréhension à l’effet que « Mauritius is in deep trouble », dit-il.
« Félicitations au Bar Council »
Le leader de l’opposition félicite le Bar Council pour sa prise de position par rapport à certaines méthodes employées par la police et qui sont « pires que celles qui étaient en cours sous Ramgoolam ». « Comme le Bar Council, je trouve que, si on ne réagit pas, nous courons vers la dictature », estime-t-il.
Paul Bérenger cite la récente arrestation d’un homme de loi, l’avoué Pazany Tandrayen. Il rappelle que même le Directeur des Poursuites Publiques, Me Satyajit Boolell, avait, alors, appelé la police à ne pas s’arroger le droit de brimer les droits constitutionnels des hommes de loi.
« Je compte, pour cela, sur le nouveau Commissaire de Police, M. Mario Nobin qui dispose d’une bonne réputation. Quand cela s’impose, il faut qu’il y ait sanctions. Il nous faut d’une nouvelle direction à la tête du CCID », soutient-il. Il pointe du doigt « ceux qui, par le passé, ont terrorisé Pravind Jugnauth » et qui, selon lui, continuent encore dans la même voie.