Raj Ramlagun et Awadh Balluck, respectivement secrétaire et président de la Listed Companies Minority Shareholders Association (LCMSA), réclament une enquête sur le scandale de hedging à Air Mauritius en 2008. Ils veulent connaître les noms des personnes qui ont fait le va-et-vient entre le bureau d’Air Mauritius et celui du Premier ministre à cette époque.
« Parfois, Air Mauritius fait des profits, parfois, non. Le business model que cette compagnie a adopté est-il durable ? Non, je ne le pense pas, car elle survit grâce à la parité euro/dollar », a lancé Raj Ramlagun, lors d’une conférence de presse, hier, à Port-Louis, avant de citer plusieurs problèmes au sein de la compagnie d’aviation nationale. Parmi, le renouvellement de la flotte d’avions, qui date de 20 ans « sinon li pour rant dans petrin lane prosen » et l’octroi des billets d’avion gratuits à vie aux membres du conseil d’administration, à leurs épouses et à leurs enfants. « Il faut arrêter avec ces contradictions qui font perdre des milliards de roupies à Air Mauritius », a-t-il dit. Awadh Balluck, lui, réclame la démocratisation du conseil d’administration de cette compagnie en y introduisant quelques petits actionnaires comme membres pour veiller au grain non seulement à leurs intérêts mais aussi ceux d’Air Mauritius.
Pour M. Balluck, il y a beaucoup de zones d’ombre au sein de la compagnie nationale d’aviation. De ce fait, il demande au nouveau gouvernement de s’intéresser au plus vite à l’opacité qui règne au sein d’Air Mauritius. « Chaque citoyen du pays est actionnaire dans cette compagnie. Or, Air Mauritius ne répond ni au Parlement ni à son assemblée générale », a-t-il indiqué, avant de rappeler que lors de la dernière campagne électorale, l’Alliance Lepep a promis la transparence. « Nous demandons au Premier ministre d’aller au fond des choses par rapport au projet d’achat d’avions pour la compagnie ».
Par ailleurs, le président de la LCMSA a parlé des « karapat ki sanz lisyen » avec, dit-il, certaines personnes jouant le même rôle qu’avant avec les nouveaux dirigeants du pays. « Le gouvernement change mais ces gens restent. J’espère que nos dirigeants ne vont pas se laisser piéger sinon zot pou pey sa byen ser. Samem ki fer lepep an koler. Il faut nettoyer MK de fond en comble », a-t-il martelé.