Il est un fait que l’histoire d’amour entre la famille Gujadhur et les classiques date depuis 1904. Pour ne pas déroger à la règle, Ramapatee Gujadhur a, lui aussi, suivi le chemin tracé par ses devanciers. De 2002 à 2015, avec Vettel c’est le troisième Maiden qu’il remporte après les victoires de Solar Symbol et de Senor Versace. Mais le score de la famille se chiffre à pas moins de 19 succès dans la plus prestigieuse épreuve du calendrier.
Ramapatee Gujadhur est entouré d’une équipe bien soudée depuis quelque temps. Si d’aventure l’homme essaie parfois de faire profile bas, il est toujours animé par cette rage de vaincre qui fait que cela dépasse parfois le fil de sa pensée, avant de revenir à de meilleurs sentiments.
Vettel était à sa troisième participation dans le Maiden. Deuxième en 2013, puis troisième l’année dernière. La saison 2015 avait débuté tranquillement et on pouvait espérer le revoir à son meilleur niveau après sa deuxième tentative.
Cependant, une course suicide, et ce, sans oublier une tactique tout aussi suicidaire, a fait que bon nombre de turfistes ont été trompés sans qu’on ne lève le petit doigt pour remettre les choses à leur juste mesure. Et là, le board des Racing Stewards n’est pas exempt de tout reproche.
La majorité des turfistes avaient vite fait d’enterrer Vettel. Ramapatee Gujadhur, qui a accepté de s’être trompé, a essayé de remettre les choses dans le droit chemin pour venir déclarer que Vettel avait aussi sa chance.
Ce qui était vrai dans le sens où il était le seul frontrunner de la course et qu’on était aussi certain qu’il n’allait pas démarrer aussi vite que dans The Turf Magazine Golden Trophy où il avait bouclé les premiers 600m, après avoir raté son départ puis sollicité sur pas moins de 22 foulées. En effet, les 200 premiers mètres furent couverts en 13.89s avant que s’ensuive un 400m en 21.67s. Oui, en moins de 22s alors qu’on avait parcouru que 600m et qu’il restait encore 1600m à parcourir.
Cette fois, Vettel est bien sorti de sa stalle et n’a pas eu à être poussé à fond. 13.70s pour les premiers 200m et 23.32s pour les 400m suivants.
Et là, il faut dire chapeau à Kevin Ghunowa qui a su le piloter comme un métronome pour réussir là où avaient échoué les expérimentés Johan Victoire et Cédric Ségeon.
Reste que la passivité de ses adversaires — on a tendance à surtout condamner Swapneel Rama sur Skippyjon Jones et c’est vrai — mais qui dit que les autres n’auraient pas dû tenter quelque chose? Bulsara, par exemple ou encore Diamond Light. Ces deux-là avaient concédé trop de retard. Diamond Light fit illusion jusqu’au dernier virage où il avait l’ascendant sur Bulsara avant de rester one paced. Bulsara, lui, termina son parcours comme à son habitude, c’est-à-dire en bouclant les 600 derniers mètres en moins de 36s. On a noté 35.08s à notre chronomètre alors que Vettel était crédité de 36.24s. Mais reprendre 10L en 600m était juste au-dessus des possibilités de Bulsara.
Oui, ce n’est pas seulement Swapneel Rama qui a fauté, mais tous les autres qui ont laissé Vettel filer tranquillement sans se soucier ou être capables de faire la différence entre deux rythmes, un rapide et un lent.