L’une des étapes majeures du nouveau Business Model de la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, face à la crise mondiale dans le domaine de l’aviation commerciale, devra être enclenchée dans les prochaines semaines. En effet, les consultations pour le Floating d’une Request for Proposals dans le cadre de la recherche d’un partenariat stratégique pour Air Mauritius ont atteint un stade relativement avancé. Mais dans l’immédiat, la performance de la compagnie pour l’exercice se terminant au 31 mars dernier, qui sera rendue publique mardi, retiendra l’attention, même si le marché boursier ne devra nullement être pris à contrepied avec un solde négatif de l’ordre de Rs 1,2 milliards en une année.
Au chapitre du partenariat stratégique, une troisième compagnie aérienne, en l’occurrence Emirates Airline, s’est alignée sur les Starting Blocks. Une importante délégation de ce World Player en matière d’aviation commerciale avait fait le déplacement à Maurice en ce début de juin pour des discussions avec les responsables de la compagne aérienne ou encore des membres du gouvernement responsables de ce dossier. 
La compagnie Emirates Airline a exprimé un intérêt particulier et se déclare prête à participer à l’exercice de sélection envisagée à cet effet. Les deux précédentes compagnies sont Air France, avec son président-directeur général faisant le déplacement à Maurice en début d’année, et Qatar Airways. Mais le choix du gouvernement ne sera arrêté qu’à la lumière des conclusions de l’analyse des soumissions lors de la prochaine Request for Proposals.
D’autre part, pour l’exercice financier 2011/2012, Air Mauritius a transporté un nombre record de passagers, soit plus de 1,3 millions, nettement mieux qu’en 2007/2008. Cette performance représente au moins un passager sur deux sur Maurice. Malgré tout, le bilan financier demeure tributaire de la volatilité du cours mondial du pétrole et de la crise économique affectant la zone Euro et ses séquelles sur le monde de l’aviation commerciale.
Les indications sont qu’au 31 mars dernier, Air Mauritius devrait essuyer des pertes de l’ordre de Rs 1,2 milliards, soit légèrement inférieur aux 30 millions d’euros. La facture pétrolière continue à peser de tout son poids dans les comptes d’Air Mauritius comme dans ceux des autres compagnies aériennes internationales logées à la même enseigne.
En marge de l’assemblée générale de l’International Air Transport Association (IATA), qui se tient ces jours-ci à Beijing, République populaire de Chine, le directeur général de l’IATA, Tony Tyler, met l’accent sur ce problème. « One of the toughest issues that we face is the high price of fuel. Our March forecast was based on an average oil price of $115. For the first five months of the year, Brent crude price averaged just under $118/barrel. And the most recent spot prices are just below $100 », soutient-il en rappelant qu’aujourd’hui, le carburant représente une moyenne de 34% des coûts d’opération contre 14% il y a une dizaine d’années de cela.
Le directeur général de la IATA met également en garde contre les répercussions de la détérioration de la crise économique en Europe. « The other major challenge is the state of the global economy. Since we made our forecast in March, the Eurozone crisis has deepened. The European political landscape continues to change. Should the Eurozone fall into a deep recession, the repercussions would be global », prévient-il.