Les membres de l’Intersyndicale d’Air Mauritius ont réuni la presse hier au Centre social Marie Reine de la Paix, Port-Louis, pour annoncer leur volonté d’entamer une grève s’ils ne trouvent pas satisfaction auprès de la direction de la compagnie d’aviation nationale dans le cadre des négociations d’un nouvel accord collectif pour une augmentation de salaire. Ils ont dénoncé le comportement anti-syndical et répressif de la direction. Et de plaider pour l’intégration des employés d’Airmate sur « l’establishment » d’Air Mauritius.
« L’heure est grave. Bann travayer pre pou fer la grev. Malgre sa, nou pa trouv management d’Air Mauritius (MK) bouze ! », a déploré le négociateur de l’Intersyndicale d’Air Mauritius, Ivor Tan Yan. Entouré des autres membres de l’Intersyndicale, dont l’activiste sociale Jack Bizlall de l’Observatoire de la Démocratie, il participait hier à une rencontre avec la presse au Centre social Marie Reine de la Paix, Port-Louis.
Selon Ivor Tan Yan, leurs diverses tentatives de négocier un nouvel accord collectif avec la direction de MK « est une catastrophe ». « Nou ena linpresion ki zot pe ‘buy time’ dan le kad de la celebrasion de 50 an de la kompagnie, zot pena okenn lintansion negosie. Zot lobzektif se demanbreman la kompagni, ki finn koumanse ek kreasion Airmate. Denn kote zot ‘outsource’ tou bann servis ek operasion kompagnie et de lot kote zot na pa rekrit bann ki pe ale », a-t-il expliqué.
Le négociateur soutient que s’il existe un plan de développement pour notre compagnie d’aviation nationale, les syndicats n’en font pas partie. « Ena enn klik ki deside ki bizin tir enn maksimum de seki zot kapav tire diran letan ki zot pou la », s’est-il indigné. Pour illustrer ses dires, il cite le cas d’un membre de la direction qui a récemment obtenu une augmentation de Rs 100 000, alors que les employés se  trouvant au bas de l’échelle subissent des avertissements quand ils réclament leurs congés légitimes. « Direksion MK bizin aprann negosie de bonn fwa ek bizin aret sa fraktir sosial-la ant direksion e bann ti travayer », a-t-il insisté.
Jack Bizlall a, pour sa part, soutenu que le management de MK a les moyens pour, d’une part, régler le problème de la signature d’un nouvel accord collectif pour une augmentation de salaire due depuis deux ans, et d’autre part procéder à des recrutements pour remplir les postes vacants chez elle. « Faire des recrutements à travers Airmate, une filiale créée par MK qui est en fait un ‘job contractor’,  pour travailler chez Air Mauritius, bafoue le principe de ‘equal pay for equal work’ car ces employés d’Airmate qui travaillent chez AM ont des conditions moins favorables que ceux d’MK pour le même travail. C’est de l’esclavage ! », s’est-il écrié. « En outre, quand une compagnie d’aviation recrute à travers des tiers, non seulement elle prend des risques pour sa sécurité et celle des passagers qu’elle transporte, mais en outre viole des règles de l’aviation internationale », s’est-il indigné. « C’est pourquoi nous espérons que le 16 juin prochain, la Commission of Conciliation and  Mediation (CCM) convoquera le ministère du Travail pour venir expliquer pourquoi il a violé ses propres lois du travail (Section 20 de l’Employment Rights Act)  en donnant une licence de ‘job contractor’ à Air Mauritius », a-t-il soutenu. Cette section se réfère au principe de « Equal remuneration for work of equal value ».
L’activiste social a par ailleurs réitéré sa demande pour une enquête indépendante sur la question des disparités d’argent entre les programmes informatiques de COGNOSS et d’ORACLE qui sont équivalents à plusieurs milliards de roupies, a-t-il précisé.
Pour sa part, le président de l’AMSA, Prakash Jowaheer, a déploré le non-respect de l’accord collectif par la direction. « Dan Air Mauritius sindika pa konsidere kouma enn partner, me koma enn opozan. Pena respe pou syndika ! »
Le président de l’UEAML, Sarawon Itnac, a lui déploré le retard de plus de deux ans apporté pour négocier l’accord collectif pour une augmentation de salaire. « L’Intersyndicale a déjà approuvé le principe d’une grève. Et moi, je suis même prêt à entamer une grève de la faim. Je lance un appel au président du board, le Dr Arjoon Suddoo : négociez de bonne foi et laissez les employés exploités d’Airmate accéder à l’ ‘establishment’ d’Air Mauritius ! », a-t-il lancé.
De son côté, Yoganand Thakooree, président de la PTEU, a exhorté les membres du board de MK « de faire montre de professionnalisme et de respecter la dignité des employés ».
Le secrétaire de l’Intersyndicale, Loganaden Sunnasy, s’est monté très critique envers le directeur des ressources humaines en particulier. « Nous reprochons à certains membres du management, et surtout le HR, leur manque de respect des valeurs humaines et leur manque de considération. Mais nous, employés, nous allons nous battre et irons jusqu’à la grève, dont nous avons déjà approuvé le principe en assemblée générale », a-t-il précisé.