• Le président de l’AMLEU a reçu sa lettre de réintégration, suivant un ordre de la cour, puis une deuxième lettre de suspension le même jour

Le conflit opposant la direction d’Airports of Mauritius Limited (AML) et l’AML Employees Union (AMLEU) a pris une autre tournure depuis vendredi dernier. Sharvin Sunassee, qui avait été suspendu pour propos jugés diffamatoires envers la compagnie, avait échappé à un comité disciplinaire suite à une injonction. Le juge avait recommandé sa réintégration. Toutefois, vendredi dernier, le président de l’AMLEU a reçu deux lettres : l’une pour sa réintégration et l’autre pour une deuxième suspension…

Pour Narendranath Gopee, président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), la démarche d’AML démontre clairement qu’il y a « un harcèlement et une victimisation » du président du syndicat. Il rappelle que Sharvin Sunassee avait été suspendu suivant des allégations de commentaires sur Facebook ayant porté préjudices à la compagnie.

« Il s’est exprimé dans un groupe intitulé AML Staff Corner, créé par le syndicat pour ses membres. Comment la direction a-t-elle eu accès à ces informations ? Qui plus est, nous n’avons eu aucune preuve authentique du post incriminé à ce jour. »

Narendranath Gopee rappelle que la cour avait donné l’ordre de réintégrer le président d’AMLEU. « Il y a des étapes menant au comité disciplinaire qui n’avaient pas été respectées, d’où la décision de la cour. » Cependant, vendredi dernier, Sharvin Sunassee a eu la surprise, en recevant sa lettre de réintégration, de voir cette dernière accompagnée d’une deuxième lettre de suspension, lui reprochant les mêmes faits que pour la première. Narendranath Gopee dénonce une « répression politique ». Il cible un conseiller du bureau du Premier ministre et dénonce l’ingérence dans le fonctionnement des corps parapublics. « En agissant de la sorte, AML est en train de violer l’ordre de la cour. »

Le président de la FCSOU est aussi d’avis que l’Officer-in-Charge n’est pas mandaté par le “Procedural Agreement” ni l’accord collectif pour suspendre des gens. « C’est au CEO qu’incombe cette responsabilité. Or, il n’y a pas de CEO à AML pour le moment. L’Officer-in-Charge ne peut se déléguer lui-même les pouvoirs. » Narendranath Gopee lance un appel au Premier ministre, lui demandant d’intervenir dans ce cas. « On est en train de donner un mauvais signal. Le Premier ministre doit intervenir pour rétablir le dialogue entre le syndicat et la direction à AML. »

Sharvin Sunassee est convoqué pour s’expliquer lundi prochain. Entre-temps, le syndicat ne compte pas baisser les bras. Une deuxième demande d’injonction pourrait être demandée en cas de comité disciplinaire. Le syndicat exigera également une copie authentique du message incriminé. « Il faut que ce message soit certifié par l’autorité concernée, sous la loi. »