Aisha Timol, directrice de la MBA, dans un entretien accordé au Mauricien, annonce que l’étude comparative sur les taux d’intérêt bancaires réalisée en 2007 sera réactualisée. Elle souligne également que les banques se sont aussi engagées à plus de transparence et que tous les taux pratiqués, les frais perçus et autres commissions sur les différents services bancaires sont accessibles auprès de chaque banque, de la MBA e de la Banque de Maurice.
Des critiques relatives aux frais bancaires et aux commissions trop élevées ont été exprimées de part et d’autre, quelle est la position de la MBA sur ce sujet ?
Que cela soit bien clair, il n’est absolument pas dans les attributions de notre association ou toute autre association du même genre de discuter des prix pratiqués, dans notre cas des frais bancaires et des charges ou autres commissions, qui relèvent strictement de la politique individuelle de nos membres. D’ailleurs, une telle démarche est strictement interdite sous la Competition Act, car elle relèverait d’accords collusoires et donc serait passible de sanctions par la Competition Commission of Mauritius (CCM).
Par contre, l’Association peut très bien faire une étude comparative sur les taux d’intérêts et autres frais pratiqués à Maurice et ceux des autres pays. Cela a été le cas en 2007 et la conclusion que nous avons partagée avec les autorités est que le secteur bancaire mauricien, dans son ensemble, se compare favorablement avec les autres pays au même niveau de développement. L’affaire était donc entendue et la démarche appréciée. Nous comptons réactualiser cette étude, surtout à un moment où le secteur bancaire international étant en proie à des turbulences majeures, la solidité et la compétitivité des banques mauriciennes sont primordiales. J’aimerais rajouter que les banques se sont aussi engagées à plus de transparence et que tous les taux pratiqués, les frais perçus et autre commissions sur les différents services bancaires sont accessibles auprès de chaque banque, de la MBA et de la Banque de Maurice. La MBA a aussi publié un Code of Banking Practice auquel chacun de ses membres s’est engagé dans son day-to-day business avec ses clients.
Une banque licenciée à Maurice est-elle automatiquement membre de la MBA ?
J’aimerais préciser que les banques présentes à Maurice choisissent volontairement de devenir membre de la MBA, et qu’il n’est, en aucun cas, obligatoire pour une banque d’adhérer à l’organisation. Toute banque devra d’abord obtenir sa licence de la Banque de Maurice et aura ensuite la possibilité de demander son adhésion à la MBA. Cependant, j’ai pu constater que dans le cas des nouvelles banques, celles-ci nous font parvenir leur demande en même temps qu’elles soumettent leur application à la banque centrale afin d’obtenir leur licence bancaire. À ce jour, toutes les banques licenciées par la Banque de Maurice sont membres de la MBA.
Pouvez-vous nous expliquer le rôle de la MBA ?
La MBA est une association à caractère non-lucratif, régie par la Companies Act et qui existe depuis 1967, la même année de l’établissement de la Banque de Maurice. À sa naissance, elle ne comptait que cinq banques comme membres : la Barclays, la Bank of Baroda, Habib Bank, la Mercantile Bank et la Banque Commerciale. Nous sommes maintenant à 20, avec les banques qui faisaient partie de l’Association of Offshore Banks, avant l’entrée en vigueur de la Banking Act de 2004 et la licence bancaire unique.
En 2002, la MBA s’est dotée d’un secrétariat à plein temps et opère depuis de manière structurée avec des objectifs clairement définis. Elle a pour but d’épauler ses membres concernant les enjeux qui impliquent l’ensemble des banques de l’île Maurice et non pas une ou deux banques spécifiques. De ce fait la MBA agit en tant qu’intermédiaire pour ses membres face à leurs nombreux interlocuteurs ; les plus importants étant la Banque de Maurice et le ministère des Finances. Le fonctionnement de la MBA est similaire à celui de la British Bankers Association (BBA), la Banking Association of South Africa ou encore l’Association of Banks in Singapore (ABS). Avec toutes ses consoeurs, elle entretient des relations privilégiées de partage et d’assistance technique. Au niveau régional, elle est aussi membre de la SADC Banking Association dont le secrétariat se trouve à Johannesburg.
Parmi les diverses fonctions qui lui sont dévolues, la MBA s’occupe de dossiers divers et variés à l’intention de ses membres. À titre d’exemple, elle travaille sur les implications de nouvelles législations à entrer en vigueur dans un avenir proche — que ce soit au niveau local ou international — et qui affecteraient le secteur bancaire de manière significative.
La MBA organise également, à l’intention de ses membres et des autres professionnels de la finance, des conférences ou séminaires sur des thèmes précis et animés par des spécialistes issus du réseau international de ses membres — la plus récente conférence était consacrée aux produits dérivés et aux implications de l’utilisation du Master Agreement de l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA). Je vous parlais justement la semaine dernière des retombées positives pour notre secteur financier mauricien après que Maurice a été reconnu par l’ISDA en tant que deuxième pays africain à être conforme à l’ISDA. En début d’année 2012, nous organisons à Maurice, en collaboration avec la British Bankers Association, une autre conférence sur les implications de Bâle III.
Ceci est une présentation sommaire du rôle de la MBA. Pour plus de détails, j’invite vos lecteurs à visiter notre site web afin de mieux nous connaître à l’adresse http://www.mba.mu/.