Organisé au Trianon Convention Centre, le concert Akoustik Groove System a attiré une foule moyenne. La salle n’était remplie qu’à un peu plus de la moitié mais les artistes présents ne se sont pas laissés démotiver et ont été à la hauteur des espérances, travaillant en union et en fusion.
En plus de deux heures, le public en a eu pour son argent, avec des chanteurs, musiciens et danseurs à l’unisson dans leur démarche artistique. Une harmonie et synergie bienvenue dans un contexte où la concurrence entre artistes est rythmée par le marché musical local et ses contraintes. Le temps d’un spectacle, ceux qui se battent pour être numéro un n’ont fait qu’un sur la scène.
Nouveaux horizons.
Dès le début, on entre dans un univers nouveau. Un monde où les rythmes transportent l’assistance vers des horizons inexplorés. C’est le son si particulier d’un didgeridoo, instrument traditionnel des aborigènes australiens, qui ouvre le bal. Quelques secondes plus tard, la grosse voix rauque d’Éric Triton se propage dans la salle, alors que les cordes de sa guitare commencent à résonner sous les applaudissements du public. Très vite, l’orchestre le rejoint pour la présentation du morceau Zen. Le ton est donné.
Tour à tour, les chanteurs se succèdent sur scène avec la même énergie et le même sourire. Pieds nus, arborant des vêtements classiques, ils se déhanchent sur les planches, invitant le public à participer. Il faut dire qu’un plateau de choix était réuni pour ce spectacle. Yoan Catherine, les Clarisse Sisters, Jonathan Andy, Gary Victor, Zanzak, Maista et autre Ras Minik ont présenté des versions retravaillées de leurs meilleurs morceaux. Avec à la baguette, Éric Triton, la qualité musicale était garantie. Sans modifier leur essence, Éric Triton est arrivé à leur donner une autre couleur. Ainsi, le public a pu se régaler de versions transportées vers d’autres genres musicaux.
Visuel.
À la manière d’une pièce de théâtre, où un conteur met les choses en perspectives entre chaque saynète, Akoustik Groove System a été l’occasion de faire passer des messages, souvent en relation avec le propos du morceau qui allait suivre. Les chorégraphies, elles, étaient parfaitement ficelées, rajoutant de la simplicité et de la souplesse au spectacle musical. Les déhanchements et mouvements de Jean-Renat Anamah et des frères Joseph, entre autres, permettaient au public de se transporter visuellement également dans l’univers d’Éric Triton et ses acolytes musicaux.