Un produit halaal n’est pas uniquement un morceau de viande ou de poulet abattu selon le rite islamique, qui n’est qu’un aspect de la notion de halaal. Il y en a des centaines, selon Riad Huleemuth, membre du comité d’investissement de la Al-Barakah Multi-Purpose Co-operative Society Ltd, qui prépare un « Road Show » pour bientôt et au cours duquel la notion d’une industrie halaal, dont l’islamic banking, sera expliquée aux Mauriciens, musulmans et non-musulmans. La société compte également organiser une « halaal fair » à Maurice, en collaboration avec la société Al-Huda du Pakistan.
« Les musulmans n’ont pas compris la notion de halaal en raison d’un manque de conscientisation à ce sujet. Nous ne nous sommes pas intéressés à cette question. Nous nous sommes limités à abattre les animaux selon ce rite islamique pour la consommation. Mais une industrie halaal est much more than that », fait ressortir Riad Huleemuth. Les non-musulmans sont aussi concernés par cette question car, selon lui, il a été prouvé scientifiquement que les produits non halaal causent des ennuis de santé à tous. « Nous devons veiller à consommer des produits sains. Par exemple, un restaurant peut vous offrir une nourriture saine mais il peut aussi servir des boissons alcoolisés. Donc, somewhere somehow, il peut y avoir des cross contaminations », estime-t-il. M. Huleemuth cite certaines recherches scientifiques pour souligner qu’il y a dans le monde plus de 185 produits alimentaires qui contiennent des produits porcins. Il cite certains produits cosmétiques, bonbons, chocolats, fromages, lait, jus de fruits, savons, dentifrices, shampooings et produits pharmaceutiques tels l’insuline. « Les consommateurs ne font pas très souvent, attention aux codes alimentaires inscrits sur l’emballage », déclare-t-il.
Rentré récemment du World Halaal Forum, qui s’est tenu à Lahore, Pakistan, M. Huleemuth dit avoir appris que le marché global des produits halaal dans le monde est estimé à plus de 632 milliards de dollars. « Malheureusement, Maurice ne figure pas sur la liste des pays tels les États-Unis, le Brésil, l’Argentine, la France, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Thaïlande et les Philippines, qui ont accaparé tout le marché. Seuls deux pays musulmans, la Malaisie et l’Indonésie, exportent de tels produits », fait-il ressortir. Outre l’alimentation, les produits halaal existent également dans le service bancaire, le tourisme, le processing and packaging et la logistique.