Woozarah Begum Kootbally est une battante. Quand les fléaux sociaux de la délinquance, de la drogue et du chômage, entre autres, ont commencé à dégrader son quartier à Rue Diego Garcia, Plaine-Verte, Port-Louis, elle s’est retroussée les manches et a exhorté les mères au foyer à se regrouper en une association pour se battre. C’est ainsi qu’a été fondée en octobre 2007 l’Al-Waadjidah Ladies Welfare Association.
« “Al-Waadjidah” est un mot arabe qui signifie “les femmes et les filles déterminées qui veulent progresser dans la vie” », explique d’emblée Woozarah Begum Kootbally. « J’ai toujours habité Plaine-Verte, plus précisément le quartier rue Diego Garcia », ajoute-t-elle.
« Quand nous avons constaté que notre quartier et ses alentours des terres de l’État jusqu’à Cité Martial commençaient à se dégrader socialement à cause du problème grandissant de la délinquance, du chômage, de la drogue et d’autres fléaux sociaux, nous nous sommes regroupées en une association pour décider de ce que nous pourrions faire ; nous ne pouvions rester les bras croisés », a élaboré Woozarah Begum Kootbally dans une déclaration au Mauricien. Et c’est ainsi, poursuit elle, qu’elles ont fondé en octobre 2007 l’Al-Waadjidah Ladies Welfare Association.
« Outre ayant à faire face aux impacts négatifs de ces problèmes sociaux, nous avons aussi noté qu’il y avait un problème d’accès aux aides sociales du gouvernement ainsi qu’un problème aigu d’analphabétisme », a ajouté Woozarah Begum Kootbally. « À cette époque, le Trust Fund for Vulnerable Groups — aujourd’hui la National Empowerment Foundation — venait en aide aux familles défavorisées, mais pour la plupart d’entre elles, elles ne savaient comment accéder à ces soutiens qui leur étaient si indispensables », a-t-elle ajouté.
C’est ainsi que les membres de l’Al-Waadjidah Ladies Welfare Association se relayaient auprès de ces familles, leur prodiguant des conseils sur comment accéder aux aides sociales auxquelles elles avaient droit.
« Pour cela, nous avions compris qu’il nous fallait mettre d’abord en oeuvre un vaste programme d’alphabétisation pour ces mères qui sont les piliers de leurs familles », explique notre interlocutrice.
Parallèlement, l’Al-Waadjidah Ladies Welfare Association prend à bras-le-corps les problèmes de femmes battues et celui des enfants maltraités. « Il y a des familles qui ne savent pas vers qui se tourner pour trouver de l’aide », affirme Woozarah Begum Kootbally. « Grâce à notre intervention, certaines familles ont commencé petit à petit à voir la lumière au bout du tunnel de leur misère matérielle et affective », se félicite-t-elle.
« Il importe de comprendre que, bien qu’elle a été fondée et est basée à Plaine-Verte, notre association n’est pas une association réservée uniquement aux musulmanes. Nous sommes ouvertes à toutes les confessions, à toutes les communautés et à toutes les cultures. Nous comptons aujourd’hui environ 150 membres venant d’aussi loin que Rivière-du-Rempart, Triolet, Terre-Rouge, Coromandel et Phoenix », précise-t-elle.
La dernière activité de l’Al-Waadjidah Ladies Welfare Association remonte au samedi 16 octobre. « Avec la collaboration de Clean Up Mauritius, du ministère de l’Environnement et du Développement durable, de la municipalité de Port-Louis et de la firme Island Mechanical Contracting Ltd, nous avons nettoyé le Priest Peak Track, de Cité Martial », a indiqué Woozarah Begum Kootbally. Elle explique que ce parcours de santé était dans un état d’abandon total et était devenu un repaire de drogués.
Dans un deuxième temps, l’Al-Waadjidah Ladies Welfare Association compte solliciter les autorités pour éclairer le parcours de santé, l’embellir, d’en assurer la sécurité par l’installation de CCTV et surtout l’entretenir. « Alors que nous savons tous que le diabète fait rage à Maurice et que les Mauriciens en général ne font pas assez d’exercices physiques, il est inacceptable de laisser un parcours de santé dans un tel état d’abandon », explique-t-elle.