Alain Auriant lance bientôt son troisième album intitulé Par Amour. Une galette composée de 12 morceaux, tous chantés dans la langue de Molière, et comprenant plusieurs styles de musique : du rock, du reggae et du séga. Présentation.
Alain Auriant nous revient avec un album particulier, puisque entièrement interprété en français. Un choix assumé, même si son succès s’est bâti sur le kreol. “J’ai commencé à composer en français à la suite d’un concours de chant, organisé par l’ex-Centre Charles Baudelaire, auquel j’ai participé. Je m’étais retrouvé parmi les finalistes et, quelque part, cela m’a encouragé à composer et chanter en français”, explique-t-il. Pour ce retour, l’artiste touche à plusieurs styles autres que le séga. La raison en est vite trouvée : “J’ai travaillé aux Maldives pendant plusieurs années… Quand vous vous asseyez dans votre chambre pour composer, ce n’est pas le séga qui vous vient en tête.”
Détente.
En parcourant l’opus, on remarque d’emblée la douceur que l’auteur veut faire ressentir à ceux qui écouteront les morceaux. Comprenant de douces mélodies pour la plupart – à l’exception du morceau rock – les chansons sont destinées à se laisser écouter pendant les moments de détente. Pour les textes, on retrouve un peu d’amour, un peu de sensibilité et un peu d’humanité. Plusieurs artistes ont posé leur voix sur les morceaux, à l’instar de Bruno Raya, Linzy Bacbotte, Hansley Antoine et Lumilla Ono.
Parcours.
Alain Auriant s’est fait connaître du public mauricien avec quelques beaux morceaux, notamment Rev labourer et Divan si. Depuis son premier album en 2002, sa carrière a connu un parcours atypique. En 2004, il est revenu sur la scène musicale avec l’album Pa zis mwa. Depuis, c’est plutôt sur des compilations qu’on entendait quelquefois sa voix, et sur la chanson Allez Maurice, qu’il a composée pour les Jeux des Îles de l’océan Indien, tenus à Madagascar en 2008. Son absence des studios s’explique par un calendrier chargé et quelques contretemps. Un passage aux Maldives pour jouer dans des hôtels l’a tenu éloigné de la scène mauricienne. De plus, l’artiste dit avoir été pris par les responsabilités de son école de musique à vocation sociale à Rose-Belle, lancée pour aider les plus démunis de son quartier. Cette école est toujours là : “Le centre va mieux aujourd’hui, après des débuts difficiles où nous avons eu des difficultés à trouver des sponsors, notamment pour l’achat d’instruments.”
Contretemps.
En outre, l’artiste confie être passé par des moments difficiles, financièrement, après son passage au Cora Awards en 2005. “Ce qui s’est passé est très dommage. On m’avait invité, de même que mes musiciens et mes danseurs, à participer à cet événement, en me promettant que mes frais de déplacement et de séjour seraient remboursés… Jusqu’à ce jour, rien n’a été fait. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai pris autant de temps avant de lancer un nouvel album.” Album qui, il faut le souligner, a été produit par Alain Auriant lui-même.