Le 21 juin, il se produira au Conservatoire François Mitterrand pour un concert qui sort de l’ordinaire, sur le nouvel orgue numérique de l’établissement. Alain Domecq interprétera des oeuvres de Johann Sebastian Bach et Wolfgang Amadeus Mozart, ainsi que des morceaux contemporains.
Calé sur un siège au fond de l’auditorium Francis Thomé, Alain Domecq assiste à la répétition du concert en hommage à Ernest Wiehe. L’organiste, passionné de musique, semble happé par le souffle de jazz qui envahit les lieux.
L’admiration d’Alain Domecq pour l’orgue est née très tôt. “Ma mère était organiste professionnelle et mon père chanteur.” Il a commencé à jouer l’instrument à 11 ans et est devenu organiste titulaire à 16 ans.
Rigueur et patience.
N’est pas organiste qui veut. Comme pour tout instrument de musique, l’apprentissage est long. “Ce n’est pas plus compliqué que les autres instruments”, confie Alain Domecq. À l’instar de la batterie, l’orgue se joue aussi bien avec les mains (les claviers reproduisant les sons aigus) que les pieds (le pédalier pour les sons graves/basses). Une bonne base de piano n’est pas de trop pour pratiquer l’instrument. “Même si jouer de l’orgue a l’air compliqué, cela ne doit pas décourager ceux qui seraient intéressés.” Mais il faut aussi savoir que rigueur et patience sont de mise pour parvenir à une bonne maîtrise.
Ce qui est fascinant avec l’orgue, ce sont les combinaisons sonores qu’il permet. Alain Domecq ne cache pas sa joie de pouvoir jouer sur le nouvel orgue numérique que vient d’acquérir le Conservatoire. Lors du concert du 21 juin, qui aura un volet pédagogique, il présentera l’instrument. “Il dispose d’un combinateur qui permet de réaliser des centaines de combinaisons sonores”.
Nettement moins encombrant que l’orgue classique, le nouvel instrument peut reproduire les mêmes sons que son ancêtre. Le 21 juin, Alain Domecq va montrer au public que l’orgue ne se cantonne pas au domaine sacré mais qu’il peut également être joué dans des concerts.
Robuste.
Revenant sur l’orgue classique du Conservatoire François Mitterrand (CFM), un Haerpfer Erman acquis il y a une vingtaine d’années par le CFM, Alain Domecq affirme que ce “véritable bijou” est unique dans les Mascareignes. Il dispose de 112 tubes en bois, en alliage d’étain, en cuivre et en plomb. L’organiste assure que cet instrument robuste peut durer plusieurs décennies.
Il faut savoir que c’est l’air qui est soufflé mécaniquement ou électroniquement dans les tubes qui produisent les différents sons. Les premiers orgues étaient hydrauliques, avec des souffleries manuelles.
De ses doigts agiles, Alain Domecq nous offre un avant-goût de ce que le public pourra entendre lors du concert. Dès les premières notes, l’organiste ne fait qu’un avec son instrument. Le plaisir de jouer et de partager l’émotion du morceau choisi est manifeste.
Pour le concert du 21 juin, il n’a pas encore finalisé son choix. Mais il nous confie que Bach et Mozart seront au programme et qu’il fera entendre des morceaux plus récents.