La grosse nouvelle ou rumeur de la semaine écoulée voulait faire croire que le gouvernement n’a pas apprécié le fait que Mukesh Balgobin n’a pas été désigné à la présidence du Mauritius Turf Club par le Board des Administrateurs. La nouvelle ou la rumeur—appelez cela comme vous le voulez— fi t même la une d’une radio privée et dans l’élaboration de son information, elle ne cite, cependant, personne ni ne donne-t-elle la parole à quelqu’un qui parle au nom du gouvernement pour confi rmer qu’effectivement le choix d’Alain Noël comme nouveau président du MTC n’est pas ce qu’espérait l’État.
De prime abord, on se pose la question suivante: où sommes nous arrivés dans ce pays, si de façon intrinsèque, l’État estimait avoir son mot à dire sur l’élection d’un président d’un club dont le caractère privé est connu de tous ? Si la réponse à cette question est OUI, il va sans dire que depuis décembre 2014, nous avons basculé d’un Etat oligarchique à celui de non droit. Où L’État s’arroge le pouvoir de décider de la vie ou de la mort d’autrui, à l’instar de ce qui se passe en Corée du Nord ou plus près de nous au Zimbabwe. Le droit de choisir dans ce pays est-il menacé ?
Mais qu’importe, il est rassurant que le Board des administrateurs du MTC ont eu raison de ne pas céder aux menaces et à l’interventionnisme d’un Etat qui se croit désormais tout permis. Mais pas que…car nous croyons savoir qu’actuellement, il y a une personne, qui dispose d’un bureau dans un ministère, qui cherche à se faire passer pour l’Etat. Car placer le pouvoir entre les mains d’une personne qui ne sait pas exercer son pouvoir est encore plus dangereux qu’un Etat qui ne respecte pas les droits de la personne.
Dans cette affaire, il nous est diffi cile de comprendre les raisons qui ont motivé Paul France Tennant – colistier de Mukesh Balgobin vendredi dernier et qui l’a sans aucun doute porté vers la victoire – à ne pas proposer le nom de Mukesh Balgobin à la présidence? Pourquoi a-t-il tenté de placé Pierre du Mee dans le fauteuil de la présidence? Est-ce parce qu’il préfère Pierre du Mee à Mukesh Balgobin, ou est-ce une démarche qui explique notre information de la semaine dernière, à savoir que c’est Pierre du Mee qui l’avait incité a se présenter à ces élections?
Une élection sans «casting vote»
Des questions auxquelles on aura, sans doute, jamais la réponse. Des éléments qui ont ouvert un boulevard à Alain Noel, élu président mardi dernier sans avoir à utiliser son «casting vote». Voyant que Mukesh Balgobin, qui est arrivé avec plus d’une heure de retard à la réunion après avoir été pris dans une circulation impossible, s’est abstenu lorsque Paul-France Tennant a proposé Pierre du Mee. Le vote du président qui a dû être repoussé en dernière place sur l’agenda, a vu un Mukesh Balgobin silencieux qui a choisi, à juste titre sans doute, de ne pas voter. Un fait signifi catif sur ce qu’on peut appeler l’État d’esprit du Board des administrateurs qui nous apparaît comme divisé en deux, voire même en trois.
Une fois élu, Alain Noel a été presque forcé à défendre son élection face à la rumeur. Déjà, on sent que l’homme, souvent silencieux au sein du board des commissaires, a besoin de temps pour cerner le monde de la communication. C’est rassurant néanmoins de constater qu’il veut faire de la communication son cheval de bataille. Tout comme Gilbert Merven, il parle aussi du studio et de Racetime, mais Alain Noël s’affi rme déjà avec force sur la guerre à déclarer au « illegal betting » et les bookmakers clandestins. Le nouveau président du MTC veut légaliser le « credit betting », en invitant les bookmakers à adopter la même pratique que les Tote. C’est-a-dire, accepter des dépôts de leurs clients, qui peuvent ensuite téléphoner pour effectuer leurs paris.
Mais avant même de se lancer dans des grands débats, Alain Noel devra démontrer qu’il ne tolérera pas des écarts et des actes d’indisciplines. Du moins sur ce point, il est à espérer que le nouveau président du MTC fera preuve d’une tolérance zéro, même si on sait qu’au MTC, ce n’est pas du jour au lendemain qu’on mettra fi n à la politique de petits copains. Car nous savons tous que selon le code d’éthique, tout le monde est égal, reste que « some are more equals ». La réussite de sa présidence va beaucoup en dépendre et s’il n’agit pas sur ce plan, Alain Noël sera très vite mis en difficulté, ce qui n’est certainement pas une bonne chose pour les courses.