A quelques longueurs seulement de la fin d’une trente et unième saison comme entraîneur au Champ de Mars, Alain Perdras, 61 ans, tient enfin sa 600e victoire. Un chiffre évocateur de son passage sur notre hippodrome depuis 1984 où il était associé aux entraînements Serge Ladégourdie et Desvaux de Marigny, avant qu’il ne vole de ses propres ailes trois ans plus tard.
Entre son premier gagnant, un grandissime Flying Fortress et son 600e, Nordic Wariror, Alain Perdrau s’est forgé une solide réputation couplée d’un grand respect  autour de ses pairs. Le tout tissé dans la discrétion absolue. Aux côtés des illustres  frères Henry, Philippe et Serge, Gilbert Rousset entre autres.
Aussi, faut-il rappeler que durant cette année 1984 avec des journées à six courses, Alain s’offrit 22 victoires. Les deux années passées chez Ladégourdie furent aussi riches en succès classiques: 6 des huit alloués. Avec des coursiers tels Noble Salute et Specialize entre autres.
En 1987, quand il fonda sa propre écurie  — avec le soutien d’un groupe d’amis, dont André Gallet, Guy Leroux, François du Mée, Cyril Benjamin, Bernard Li Kwong Ken et autres Ah Fee Foo Sheung — c’était parti pour une autre folle aventure agrémentée d’un chapelet de victoires classiques et trois titres de cheval champion, Botanique en 1994 et 1995 et Trump en 1999.
Plongé dans ses souvenirs, Alain Perdrau reste humble dans la réussite. «C’est bien cette 600e avec Nordic Warrior. Quand je regarde en arrière, je revois un peu des chevaux comme Botanique, Trump, Sentinal, World Focus, entre autres. Donc, c’est bien de signer ma 600e victoire avec un coursier comme Nordic Warrior qui est un très bon cheval.»
Corner Judge à entraîneur
Quand Alain Perdrau délaissa son poste de Corner Judge en 1984, on était loin de penser qu’il aurait signé un parcours aussi prolifique. Urban Cowboy et Major Prospect auront été ses premières armes. Avant que Botanique, Trump, World Focus, Sentinal ne viennent fasciner les turfistes et fans de Perdrau. Botanique en deux fois en 1994 et 1995 et Trump quatre ans plus tard, illuminèrent sa chevauchée en s’installant sur les tablettes des chevaux de l’année. Le Maiden, classique reine de la saison, n’est visiblement pas son fort. Il y est passé tout près d’un succès avec World Focus, mais il semble depuis se résigner à l’idée de ne jamais goûter à l’ivresse de notre Ruban Bleu.
Depuis son 500e gagnant avec Bolting Cat, un après-midi de juin 2011 et sa dernière victoire classique avec Sentinal intervenue trois ans plus tôt dans le Barbé, les saisons ont été par moments plus compliquées durant cette dernière décennie.
L’exercice 2014 a été un bon ballon d’oxygène avant que 2015 ne soit définitivement une confirmation du redressement de la situation du côté des siens. « On a effectué un très bon travail à l’écurie avec Yannick, les propriétaires et toute l’équipe de palefreniers. Nous avions connu une année difficile en 2013. Nous avons remonté la pente en 2014 et cette année-ci, nos chevaux ont vraiment répondu présent. Parfois, vous avez des coursiers qui ont des petits pépins et cela ne vous permet pas de faire une belle saison, mais cette année ils ont été tous là et cela nous a permis d’arriver là où nous sommes aujourd’hui. Vinay est un copain et je suis aussi très content que ce soit lui qui m’offre cette 600e victoire. Je le connais de longue date et c’est un ami avant tout. »
En un peu plus d’un quart de siècle passé sur notre vieil hippodrome, l’homme n’a pas changé. Il sent que la retraite approche. C’est très bien de savourer 600 victoires mais cela me fait aussi rappeler que j’arrive bientôt à la fin (rires)…».  Son fils, Yannick, qui l’assiste depuis quelques saisons maintenant, s’est déjà glissé dans le moule paternel et semble prêt à prendre le relais.
Le compteur 2015 de l’entraînement Alain Perdrau affiche 23 gagnants  qui le positionne au cinquième place des entraîneurs avec des gains proches de Rs 5M. Nordic Warrior reste le meilleur coursier  d’un yard à 24 chevaux,  avec un neuvième rang actuel au classement  (Rs 902 500 de stakes money).