Le spectacle commence de manière inattendue créant la surprise : une entrée spectaculaire à moto, le drapeau mauricien annonçant les couleurs du peuple. Un climat indiscutable se dégage et règnera jusqu’à la fin du concert, minuit passé. Tous les fans d’Alain étaient présents à sa grande satisfaction et il note que son public ne cesse de s’augmenter, vu le succès obtenu pour ses 20 ans de carrière célébrés au J&J Auditorium, Phoenix samedi dernier. Pour cet enfant de Cassis formé dans une chorale, qui a appris le piano, a été arrangeur pour Jean-Claude Gaspard, OSB, Sandra Mayotte, Edouard Doyal, pour ne citer que quelques-uns, son succès populaire est une forme de reconnaissance de la musique mauricienne. Déjà, des tournées sont programmées en Australie, à Madagascar, à la Réunion, mais une date est confirmée le 2 août 2014 à Tottenham (Mauritius Sensations Open Air Summer Festival, London). Imprimé à quelques-unes de ses habitudes et d’une sensibilité propre, Ramanisum a interprété excellemment ses plus belles chansons Bat séga, Prisonnier, Elle et le tube du moment L’immensité l’amour, une ballade en créole composée pour sa compagne Laura Beg. Il a passé en revue les temps forts de sa vie avec les moyens que l’actualité et la culture mettent à sa disposition. En tant qu’arrangeur, il met bien à profit les ressources rythmiques de ses coéquipiers avec le souci de produire une musique efficace. C’est assurément trop pour un musicien qu’une certaine frange du public a propulsé à la première place. Nous avons rencontré un chanteur à la pure et simple attitude. Il a tenu à remercier Angel Events pour son professionnalisme et quelques personnes des médias, son groupe Ravanna, Ryan, le gagnant de Ti mambo édition 2014 qui lui a procuré la même émotion que dans son duo avec Laura. Pour son 20ème anniversaire de carrière, ses interprétations ne nous apprennent rien que ce que nous savons de longue date : son intérêt pour le séga d’ambiance, sentimental, cool. La réflexion aussi dans les chansons qui traitent de la famille, la vie, l’histoire de notre pays. Son concert — témoignage d’un art spontané et culturel — lui a permis de mesurer la force de rassemblement de personnes de tous âges, races, religions, comme il le dit. Alain compose à la guitare et au piano. Ses chansons et cellules rythmiques faites sur mesure séduisent par les climats planants, raffinés et des arrangements soignés. Des ségas, des ballades, de belles envolées lyriques et une musique captivante de bout en bout pour ses nombreux fans qui ont assisté à une véritable tempête sonore.
De son côté, Laura Beg, qui parle d’Alain comme son mentor, celui qui l’a mise dans la lumière et avec qui elle poursuivra sa collaboration musicale, a offert au public une belle prestation. Outre son duo, titre de son récent album L’immensité l’amour, la chanteuse a montré qu’elle sait conjuguer le séga, le blues, le folk, la dance hall et la chanson pop. Un souffle spirituel gardant une primauté sur toute sa façon de chanter. Sans effets de superflus, dans un répertoire aux résonances contemporaines, mais adossé aux formes traditionnelles du séga, elle a donné le meilleur d’elle-même. Tantôt dans le recueillement, tantôt dans l’allégresse, elle déploie son éventail de tons et de couleurs. Elle confère à la soirée une émotion profonde, trouve une entente fine et sensible avec Alain Ramanisum de même que les autres chanteurs qui ont été invités pour animer la soirée : Didier Clarel, Bruno Mooken, Ram Joganah, Bruno Raya, DJ Dax, Eric Carter.