Courant août, profitant des vacances scolaires, des jeunes de la région sud qui fréquentent les centres de jeunesse de Souillac et de Bois-Chéri ont participé à une randonnée pédestre d’Albion à Bambous. Un parcours linéaire a priori facile mais qui demande des efforts multiples afin de pouvoir s’y adapter car l’on passe d’une plage sablonneuse aux rochers avant d’atterrir sur un sentier boueux au beau milieu des champs de canne, propriété du groupe Médine.
Si dans un premier temps, les responsables de ces centres de jeunesse — Nirma Vigyani Gooljar-Pusram, Youth Officer, Owen Figaro et Vinesh Jeetoo Hoodresen, animateurs ponctuels – avaient choisi de faire le parcours Flic-en-Flac/Albion, des développements immobiliers dans cette région de l’île les ont contraints à modifier l’itinéraire. Ainsi, ils ont opté pour une balade sur les falaises d’Albion. Cependant, en ce mercredi hivernal, sous une pluie intermittente et des vagues de brouillard en provenance de l’océan qui déferlent sur les falaises, ils préfèrent ne pas aller de l’avant avec le programme initial. « Les falaises sont glissantes, on ne peut pas prendre de risque », fait ressortir Vinesh Jeetoo Hoodresen.
Les jeunes ont néanmoins droit à un aperçu de la magnifique vue du phare de Pointe-aux-Caves, connu comme le Phare d’Albion, à partir du terminus d’Albion. Ils sont ensuite conduits, à bord de l’autobus, jusqu’à lui : une première pour beaucoup d’entre eux qui pourtant connaissent son existence pour l’avoir étudié à l’école ou vu des documentaires à la télévision. Inauguré en 1910 et mesurant 30 mètres de haut, il est toujours en service. Ceux qui sont déjà montés jusqu’en haut du phare, quand il fait beau, ont certainement admiré la vue panoramique de la région et celle, vertigineuse, de l’océan à ses pieds.
Après avoir passé quelques minutes sur les falaises à admirer l’océan et ses houles grondant dans les caves qu’elles ont creusées au fil du temps, retour dans l’autobus. Direction : la plage publique d’Albion. C’est non sans difficultés que le chauffeur a dû manoeuvrer dans les petites rues du village pour arriver, enfin, à l’Avenue Ouragan où commence la randonnée.
Une ruelle les mène vers une magnifique plage au sable blanc qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres. L’odeur relativement forte des algues et autres espèces marines signalent la marée basse. La mer est calme. Les alizés et le ciel mi-couvert rendent la marche agréable. Après une première halte pour le déjeuner, la balade se poursuit. Les jeunes bravent une installation du CEB, pour éviter de passer sur les roches glissantes couvertes de goémons qui se trouvent devant un canal d’évacuation d’eau qui se jette dans la mer, pour regagner la plage de l’autre côté. Autre obstacle : la traversée de l’embouchure d’un cours d’eau devant le Club Med. Si certains trouvent amusants d’enlever chaussures et chaussettes pour marcher dans le courant froid, d’autres préfèrent passer sur les prémisses de l’établissement hôtelier. Nouvelle pause avant d’entamer une longue marche sur les rochers.
On avance plus difficilement car le déplacement oblige à sauter de pierre en pierre. Le soleil est maintenant au rendez-vous. Il fait chaud. Après trois quarts d’heure de marche, entrecoupée d’une petite pause, l’on arrive enfin sur un sentier balisé à proximité des bungalows, dans un jardin de cactus, d’aloès et de bougainvilliers parmi d’autres plantes. L’on continue à l’intérieur des terres, dans les champs de canne à sucre en passant devant un chantier — un bâtiment en construction devant abriter des bureaux et un laboratoire pour le compte du Mauritius Oceanographiy Institute. Le chemin est boueux. L’occasion pour certains de se remémorer des souvenirs de randonnées sur des terrains similaires, où ils s’amusaient à pousser leurs amis dans la boue. Dans les champs, les odeurs sont multiples… Est-ce de l’engrais organique seulement ou chimique aussi ? L’écume de sucrerie utilisée dans les champs embaume l’atmosphère. La vinasse de mélasse s’échappant des tuyaux de décharge des camions-citernes accentue l’odeur si familière à ceux qui ont connu les sucreries. Les jeunes profitent de chaque centimètre de terre sèche pour tenter d’enlever la boue collée à leurs chaussures en les raclant tantôt sur des pierres tantôt sur l’herbe. Si quelques-uns ont eu la malchance d’avoir la semelle décollée, les contraignant à marcher pieds nus, d’autres en ont profité pour les laver dans le canal qu’on a croisé et qu’on a longé pendant longtemps avant de le traverser.
Après plus de deux heures et demie de marche depuis la plage d’Albion, la fatigue commence à se faire sentir. Même si l’expérience est riche et les vues qui se sont succédé magnifiques, les jeunes ont hâte de terminer le parcours. La vue, enfin, du toit d’un kovil côtoyant les cimes des arbres et celle de la montagne Rempart apporte une once de courage pour terminer ce parcours de substitution qui prend fin sur la pelouse de la propriété de Médine non loin de la sucrerie.