Louis David Parmessur, 19 ans, étudiant au City College à Port-Louis, est mort vendredi soir après avoir été agressé à Albion à coups de gourdin sur la tête et au ventre par son ami Jovic Fidèle, 21 ans, un habitant de la même localité. La victime était accompagnée de son ami d’enfance Jovishen lorsqu’une bagarre aurait éclaté dans une rue entre la victime et le suspect.
Selon Marguerite Langevin, la mère de David, une discussion serait survenue entre la victime et le suspect en raison d’une paire de savates. “Jovishen était venu chercher mon fils chez moi aux alentours de 20h pour l’emmener chez lui. Et comme ses parents n’étaient pas à la maison, Jovishen a suggéré à mon fils d’aller faire un tour sur la plage.” Chemin faisant, ils ont croisé Jovic. Ce dernier, dit Marguerite Langevin, aurait reproché à son fils de ne lui avoir pas rendu une paire de savates qu’il lui aurait prêtées. Une discussion a suivi et, selon la mère de la victime, la situation s’est envenimée. Fou de rage, Jovic s’est emparé d’un gourdin et aurait donné plusieurs coups à David à la tête. “Li’nn donn li kout dibwa, li’nn fraktir so krann e li’nn donn li enn kou dan so vant. So poumon ousi finn perfore”, raconte Margeurite en larmes.
Vu qu’il saignait abondamment, Jovishen a emmené David chez lui et a téléphoné au SAMU avant d’appeler la mère de la victime pour lui demander de venir l’aider à le transporter d’urgence à l’hôpital. Marguerite témoigne: “Lorsque je suis arrivée chez Jovishen, mon fils avait les yeux ouverts. Il m’a dit: Mama, mama mo pe soufer boukou, amenn mwa lopital. Nous sommes entrés dans l’ambulance pour nous rendre à l’hôpital. Une fois sur place, le docteur m’a dit que son cas était grave et qu’il devait subir une intervention chirurgicale au plus vite. Pendant que le personnel médical s’affairait autour de mon fils dans le bloc opératoire, un médecin m’a approchée pour me dire qu’ils avaient tout fait pour sauver mon fils, mais qu’il avait rendu l’âme. C’est très dur pour la famille de perdre notre David. Je ne sais plus quoi dire, quoi faire. Que la justice suitve son cours…”
David était en Form 5 et devait prendre part aux examens du School Certificate cette année. Il avait promis à sa mère qu’il ferait de son mieux pour lui apporter de bons résultats. “Il avait commencé à étudier sérieusement. Il m’avait dit qu’il allait m’offrir ses résultats comme cadeau.”
Benoit Frichot arrive difficilement à contenir ses larmes lorsqu’il parle de David de son ami d’enfance. “Pas plus tard que la semaine dernière, nous étions tous deux invités à un anniversaire. Je lui ai annoncé que je serai bientôt papa et je lui ai proposé d’être le parrain de mon enfant. Il a ri un bon coup et m’a dit qu’il allait y réfléchir et me rendre une réponse au plus vite. Au moment où je vous parle, je vois encore son sourire. David était un ami. Un vrai. Il avait le coeur sur la main. Toujours prêt à rendre service. Il avait beaucoup d’humour. Mon frère, qui est handicapé, l’aimait beaucoup parce qu’il le faisait rire à chaque fois qu’il passait le voir à la maison. Je suis triste. David laisse un grand vide qu’il sera difficile de combler.”
Une voisine qui était venue rendre visite à la famille de David, hier, abonde dans le même sens. “C’était quelqu’un de très respectueux. David ne manquait jamais de vous dire bonjour lorsqu’on le croisait sur son vélo. Sa mort ne laisse personne insensible. Il est parti trop tôt. C’est une épreuve difficile à surmonter pour la famille”, témoigne-t-elle en sanglots. Quant au suspect Fidèle, il a été longuement interrogé par la CID.