Dénoncés par Week-End en mars dernier, les travaux de construction envisagés par un agent politique PTr à Albion continuent de provoquer la frustration des habitants de la localité. D4autant que si le Conseil de district de Rivière Noire maintient n’avoir octroyé, à ce stade, aucun Land & Building Permit au promoteur, Vanessen Singaravelloo, ce dernier affirme, lui, disposer de tous les permis nécessaires. D’ailleurs, la semaine dernière, en présence de différents officiers ministériels, il a procédé à l’abattage de plusieurs filaos. Exercice qui se répète pour la 3e fois en 7 mois, selon nos informations.
Aux Bois et Forêts, on fait ressortir que cet abattage d’arbres a reçu l’aval du département, car le promoteur, suivant les procédures, a fourni son Land & Building Permit. Ce qui fait tiquer plus d’un: qui dit vrai, le District Council ou le promoteur? C’est le flou total pour les habitants d’Albion, regroupés au sein des Forces Vives qui comptent tout mettre en oeuvre pour empêcher la construction envisagée sur ce site, soit un bâtiment de 3 étages qui abriterait un supermarché au rez-de-chaussée, un restaurant/bar au premier étage et un complexe résidentiel au second.
Après quelques mois de répit, la résistance s’accentue à Albion face au projet de Vanessen Singaravelloo, proche du PTr, de construire un complexe commercial qui abriterait vraisemblablement – sous l’appellation de restaurant/bar – une discothèque, sur un terrain situé à l’entrée de la gare routière et menant au Centre de recherche de la localité. La semaine dernière, un nouvel exercice d’abattage d’arbres, après l’épisode de mars dernier, a suscité un vif émoi chez les habitants d’Albion. Outre le déboisement sauvage dans cette région, les habitants d’Albion s’offusquent de la complaisance des autorités face au projet envisagé par ce promoteur dans la région.
Contactés par Week-End, les Bois et Forêts indiquent avoir délivré un permis au propriétaire pour l’abattage de ces filaos. Ce, dans le cadre d’une demande faite par le promoteur « to fell trees which were causing obstruction to the creation of a parking space and entrance. » Cependant, force est de constater que, si comme le veut la procédure, le promoteur a soumis son Lease Agreement et son Land & Building Permit, les services de Bois et Forêts ne lui ont accordé le droit d’abattre que 13 arbres. « The Forestry Service has granted permission to fell only (13) thirteen trees… », apprend-on. Permission sujette à des conditions, dont celle de replanter, sur le même site, le même nombre d’arbres, mais endémiques.
Or, selon les habitants d’Albion, le promoteur aurait abattu jusqu’ici, à 3 reprises en 7 mois, une quarantaine de filaos, et ce, sous la supervision des officiers des Bois et Forêts. Ainsi, outre le massacre des arbres, les habitants d’Albion s’interrogent quant aux permis que dit détenir le promoteur.
Si, d’un côté, Vanessen Singaravelloo affirme disposer de tous les permis nécessaires et avoir fourni une copie aux autorités pour sa demande de permis pour abattre les filaos – comme le confirme les Bois et Forêts (« the applicant has submitted a Land and Building permit to the Forestry Service »), de l’autre, le Conseil de district de Rivière Noire affirme n’avoir, à ce stade, octroyé aucun Land & Building Permit à ce promoteur. Contacté avant son départ pour l’étranger vendredi dernier, le président du Conseil de District de Rivière Noire, Noël Chetty, fait ressortir que « le Conseil est effectivement en présence d’une demande d’application, mais le board ne s’est jusqu’ici pas prononcé sur ce dossier. »
Relations politiques
Ainsi, comment donc Vanessen Singaravelloo a-t-il pu soumettre un Land & Building Permit aux Bois et Forêts? Pour les membres de Forces Vives d’Albion, ce promoteur, de par ses relations politiques, aurait de bons contacts. C’est ce qui lui permet d’agir ainsi, malgré l’opposition des habitants de la localité à son projet. À Albion, en effet, les villageois estiment malvenue la construction d’une discothèque que le promoteur aurait, selon eux, préalablement déguisée sous l’appellation de restaurant/bar. Ces habitants redoutent que la région, déjà en proie à des développements sauvages, ne devienne un autre Flic en Flac, avec notamment la présence gênante de salles de fêtes et où plusieurs incidents ont été déplorés. Désirant à tout prix préserver le cachet d’Albion comme un espace où il fait bon vivre, les habitants se concertent en vue de mettre en place un nouveau plan de résistance.