À 17 h 30 hier, cela faisait au moins 72 heures depuis qu’une baleine morte s’est échouée à Macalpine, à environ 1,5 kilomètre du Club Med à Albion. Durant l’après-midi d’hier, une opération menée conjointement par les officiers de la National Coast Guard (NCG), les plongeurs du Groupement d’Intervention de la Police Mauricienne (GIPM), de la Special Mobile Force (SMF) et d’un autre bateau, Sphyna II, s’est soldée par un cuisant échec. À la tombée de la nuit, la baleine morte, qu’on a tenté de déplacer en vain à plusieurs reprises, gisait toujours sur des rochers, tout en continuant d’attirer des requins affamés et beaucoup de curieux.
Selon les informations du Mauricien, qui a suivi le déroulement de l’opération d’hier sur place, le déploiement des vedettes de la NCG et des plongeurs du GIPM a démarré dans le courant de l’après-midi. Dans un premier temps, le début de l’opération consistait à faire passer un long filet autour du cétacé échoué sur les rochers de Macalpine. Cette tâche avait été confiée aux plongeurs, qui ont bravé un temps relativement inclément et une mer tantôt houleuse. Cette première partie de l’opération s’est déroulée avec succès. Selon certaines sources présentes sur les lieux de l’opération, la présence de plusieurs bateaux à moteur non loin de la baleine en décomposition a chassé des squales qui rôdaient aux alentours.
Une fois le filet placé autour de la baleine, les vedettes rapides de la NCG, munies de puissants moteurs hors-bord ont tiré sur le filet, en vue de dégager la baleine des rochers sur lesquels elle se trouvait. Des tentatives vaines. Aux alentours de 16 h 15, le « Sphyna II » est entré en scène et a pris le relais des vedettes de la NCG dans le but de remorquer la baleine morte. Peine perdue. En dépit des accélérations répétées du « Sphyna II », la baleine, qui, selon certains observateurs, ferait entre dix et douze mètres de long, n’a pratiquement pas bougé.
Dans les milieux de la NCG et de la SMF, on faisait ressortir hier toutes les difficultés dans le cadre de cette opération. « Nous avons eu beaucoup de problèmes, à commencer par le fait que nous n’avons pas réussi à bouger l’animal. Ajouté à cela, les conditions climatiques relativement difficiles, ainsi que la présence de nombreux rochers, qui nous ont empêchés d’utiliser des bateaux plus gros et plus puissants afin de remorquer la baleine morte », a-t-on expliqué.
À 17 h 25, la décision de mettre un terme à l’opération devait être transmise aux officiers de la NCG et aux plongeurs de la SMF, tandis qu’à terre, les plongeurs du GIPM et d’autres officiers des garde-côtes qui suivaient l’opération, ont été sollicités de stand-by en vue d’autres consignes. À la tombée de la nuit, les officiers présents ont reçu la consigne de quitter les lieux contrairement à deux membres de la NCG à qui on a demandé de rester sur place.
En effet, pendant toute la journée d’hier et durant tout le déroulement de l’opération, nombreux étaient les badauds qui avaient bravé la difficulté de l’accès au lieu où se trouve la baleine, de même que l’odeur infecte qui émanait de l’animal en putréfaction. Certains se sont même déplacés en famille, avec des enfants en bas âge, dans le but de voir l’animal mort. Sur l’eau, même scénario. Les bateaux transportant des touristes et des Mauriciens se succédaient sur les lieux à un rythme régulier, même après le coucher du soleil.
En début de soirée d’hier, la solution la plus acceptable qui revenait pratiquement sur toutes les lèvres était qu’il faudrait brûler la baleine en état de décomposition, sans avoir à la déplacer. À mesure que les vedettes de la NCG et les bateaux privés s’en allaient, un inquiétant ballet devait être suivi par Le Mauricien, de même que de nombreux badauds ébahis : celui des squales affamés, qui approchaient de la baleine à mesure que montait la marée. À plusieurs reprises, nous avons eu la possibilité de voir les ailerons de ces prédateurs féroces que sont les requins, qui se préparaient de nouveau pour un repas composé de chair de baleine…