On dit que la musique adoucit les moeurs. Ce dicton semble s’appliquer à merveille à Stephan Guillaume, dit Phenjah. De move garson, il est devenu philosophe : il voit la vie différemment et prêche l’amour à travers son premier album, qui vient de sortir. Lamour dan enn distance parle de son vécu et dénonce les travers de la société par le truchement du reggaeton, un dérivé de reggae, de ragga et de soca, avec le hip hop en filigrane.
Originaire de Rodrigues, Phenjah, 19 ans, vit à Maurice avec sa famille depuis l’âge de 12 ans à Grand-Bois (à côté de Bois Chéri, dans le sud du pays). La musique l’a tout le temps attiré et il a eu l’occasion de jouer dans plusieurs groupes avant de décider de voler de ses propres ailes et de sortir un album. Un défi qui n’a pas été facile à relever. Il n’a jamais baissé les bras, économisant des sous grâce à la vente des légumes qu’il cultive dans sa plantation.
Assagi grâce à son parcours musical, Phenjah souligne que “la musique a été une grande source d’inspiration pour moi. Cela m’a empêché de faire de mauvaises actions et de repousser les pensées négatives.” La musique l’a en quelque sorte sauvé de la mauvaise pente qu’il prenait. Cette période sombre de sa vie était due au fait que la personne qu’il aime vivait n’était pas à ses côtés. D’où le titre de son album, Lamour dan enn distance.
Les paroles de certaines chansons de Jakil, Bob Marley et Anthony B, entendues lors de concerts, ont su retenir son attention. Les mots “harmonie” et “amour” ont résonné très fort dans sa tête. Cela l’a incité à changer son fusil d’épaule et “amenn enn lavi serye”. “La musique m’a fait découvrir beaucoup de choses et elle a été comme un guide.” D’où les messages qu’il veut faire passer dans son album pour dénoncer la discrimination, l’esclavage encore présent, la pauvreté…