L’alignement de la pension de vieillesse sur le salaire minimum aurait des conséquences néfastes pour le pays. C’est ce que soutient la Federation of Civil Servants and Other Unions (FCSOU), qui attire l’attention sur le déficit budgétaire, qui se situe déjà autour de 70% du PIB, soit à un niveau plus élevé que beaucoup de pays. Narendranath Gopee, le président, invite les syndicalistes à faire « très attention » en abordant ce sujet, car le gouvernement pourrait se servir de leurs paroles pour des mesures populaires. De même, concernant l’assurance médicale pour les fonctionnaires, il est d’avis que le gouvernement ne devrait travailler pour le secteur privé.
La pension de vieillesse est un droit universel tandis que le salaire minimum est un droit pour les travailleurs à avoir un salaire décent. Tel est l’avis de Narendranath Gopee, qui rappelle que le salaire minimum a été obtenu après une longue lutte syndicale, rappelant au passage la grève de la CTSP en faveur des femmes Cleaners, qui ne touchaient que Rs 1 500. « Pour ce qui est d’aligner la pension de vieillesse sur le salaire minimum, soit de passer de Rs 6 210 à Rs 9 000, il faut faire très attention. Le gouvernement risque de se retrouver avec des dépenses de milliards de roupies. Déjà que nous avons un déficit budgétaire de presque 70% du PIB. Il n’y a pas beaucoup de pays qui dépassent les 60%. »
Il rappelle que Maurice a une population vieillissante et que le gouvernement sera appelé à payer plus de pension à l’avenir. « Il y a quelque temps, on disait qu’il y avait des problèmes au fonds de pension. Il n’est pas question de supprimer la pension, qui est un droit universel. De même, il faut faire attention de ne pas compliquer davantage la situation. Aligner la pension sur le salaire minimum impliquera une augmentation de Rs 2 290, plus Rs 500 de la “negative income taxe”, soit un montant total de Rs 2 790 par tête. En prenant en considération qu’il y a 215 000 personnes de plus de 60 ans, cela fait Rs 7,8 Mds par an. Le déficit budgétaire passera alors à 74% du PIB. Il ne faut pas oublier ce qui s’est passé avec la Grèce. Il ne faut pas qu’on se retrouve dans la même situation en voulant faire plaisir. Un jour, le gouvernement risque également de dire “sorry, il n’y a plus d’argent dans le fonds de pension”. »
Narendranath Gopee précise qu’il n’est pas contre une augmentation de la pension, mais qu’il faut s’assurer qu’il y a les ressources nécessaires à cet effet. « Ce qui risque de se passer, c’est qu’il y a une augmentation de plusieurs taxes qui poussera la population vers le gouffre. Attention à l’effet boomerang. Avec une augmentation de la taxe, les Rs 8 500 risquent de ne valoir que Rs 3 500 sur le marché. » Ce dernier invite ainsi les syndicalistes à faire très attention lorsqu’ils abordent ce sujet. « Il ne faut pas mettre des mots dans la bouche des politiciens car, demain, s’il y a un problème, on dira que ce sont les syndicalistes qui ont demandé cela. »
Par ailleurs, concernant le plan médical pour les fonctionnaires, la FCSOU invite le gouvernement à « ne pas travailler pour le secteur privé ». Selon lui, l’argent qui serait investi dans ce plan aurait pu servir à améliorer le service public. Il fait référence aux nombreux appareils en panne dans les hôpitaux et se demande s’il n’y a pas un contrat de maintenance au moment de l’achat.