« Nous demandons au chef de la Fonction publique de nous donner notre dû ». C’est le plaidoyer que lance le président de la Government Teachers’ Union (GTU), Vinod Seegum, concernant l’alignement salarial des teachers et senior teachers, censés bénéficier du même salaire et des mêmes conditions que les enseignants du secondaire et que leurs collègues ayant le titre d’educators.
Alors qu’il était prévu qu’ils aient leur augmentation salariale en juin, à la dernière minute, « l’affaire a été référée à un High Powered Committee, présidé par le secrétaire au cabinet, soit le chef de la Fonction publique ». Si les principaux concernés n’obtiennent pas satisfaction, « nous descendrons une nouvelle fois dans la rue pour crier à l’injustice ».
« Ces enseignants, qui sont environ 2 000, sont extrêmement frustrés que ceux arrivés après eux touchent plus et tout cela, à cause d’un problème d’appellation. Il y a les educators qui touchent plus et les teachers/senior teachers qui touchent moins alors qu’ils font tous le même travail », affirme le président de la GTU. Il ajoute que la GTU avait reçu le soutien du ministre de l’Éducation et de l’ancien ministre des Finances, Xavier-Luc Duval et que le premier était même prêt à « puiser dans le budget de son ministère pour payer ces enseignants ». Mais, « juste au moment de les payer, on entend dire que l’affaire a été référée à un High Powered Committee ». Si aucune rectification n’est apportée, soutient M. Seegum, « nous organiserons des réunions et des manifs régionales afin de conscientiser le public à cette injustice criarde. Nous irons à Flacq, Rivière-du-Rempart, Curepipe avant de culminer vers une grande manif à Port-Louis. Nous alerterons aussi l’opinion internationale, par le biais de l’Education International dont je suis un membre fondateur et auquel sont affiliés 178 pays. Nous leur ferons part de cette grande injustice ». M. Seegum indique par ailleurs qu’il a logé cette affaire auprès de l’Equal Opportunities Commission.
La GTU déplore par ailleurs que « des syndicats pas reconnus du gouvernement aient été à l’ICAC pour prétendre que les transferts d’enseignants se déroulent mal et que je protège soit-disant les personnes que je connais. Mais, ce n’est pas moi qui décide des transferts », dit-il. « Il y a plusieurs instances dont l’EOC qui ont trouvé que les transferts se déroulent bien ». Il rappelle que contrairement à autrefois, dans les années 1980, suite à un ruling, un procedural agreement a été établi stipulant que les transferts doivent être faits en consultation avec les syndicats. « Nous avons alors établi comme critère que quand un enseignant sort d’une bonne école, il aille dans une école au niveau moyen et vice-versa. Cela a marché à merveille. Aujourd’hui, la justice a été reconnue mais certains veulent que ce processus retourne dans la main d’inspecteurs véreux ».
S’agissant la réforme annoncée du curriculum du CPE, Vinod Seegum déplore qu’il n’y a pas de consultation avec les enseignants mais « davantage avec ceux qui sont dans leur tour d’ivoire » et que des exercices, que l’on retrouvait autrefois en Form III, se retrouvent dans les manuels du CPE. « Ce sont les enseignants qui sont mieux à même de savoir quels exercices il faut enlever ».
Au sujet du rapport PRB 2016, il demande que la confusion au niveau des appellations educator et teacher soit mise au clair et qu’il y ait un « time frame » pour les recommandations faites telles que celle pour que chaque enseignant soit « un degree holder ».