« Il y a urgence de convoquer les élections municipales », estime Raouf Khodabaccus car « la minisipalite anbalao zordi ».
 Après les réfutations du lord-maire Mahmad Khodabaccus suite aux allégations de ce conseiller à l’encontre du Conseil municipal, ce dernier maintient ses assertions : « Dans l’affaire du container en provenance de Fo Shan, je dis qu’il y a cover-up et que le maire ne dit pas la vérité. »
Le conseiller de l’Opposition avait dénoncé qu’une des boîtes de chaussures offertes en donation par la ville de Fo Shan porte le nom du conseiller Mahendra Gondeea. Toutefois, lors d’un point de presse vendredi, le lord-maire a ouvert ladite boîte – restée jusqu’alors scellée – et il s’est avéré qu’elle contenait des chaussures.
Lors d’une rencontre avec la presse ce matin au Centre social Marie Reine de la Paix, Raouf Khodabaccus a parlé d’un rapport de l’audit « accablant » effectué, a-t-il précisé, par l’Internal Controler de la mairie de Port-Louis. Ce document mentionnerait que « parmi les colis transportés par le container de Fo Shan – ville à laquelle est jumelée Port-Louis –, certains, hormis ceux en donation, appartiendraient à d’autres personnes ».  
Le conseiller indique avoir consigné une déposition à la police dans laquelle « j’ai parlé de fraude sur les équipements en provenance de Fo Shan. J’ai aussi porté l’affaire devant l’ICAC ». Toujours à ce sujet, il dit avoir rencontré « lundi une équipe d’investigation de la douane qui (lui) a indiqué que la mairie de Port-Louis a fait tout le paiement pour tous les colis ». Raouf Khodabaccus souligne qu’il interpellera le lord-maire Mahmad Khodabaccus sur le sujet demain lors du grand conseil trimestriel.
En dépit de la correction apportée par Mahmad Khodabaccus la semaine dernière, soulignant qu’il y a eu 26 personnes et non quatre personnes à un dîner offert par la mairie dans un restaurant de la capitale, Raouf Khodabaccus maintient que « le montant de Rs 14 000 à l’issue de ce dîner au restaurant Le Chinois n’impliquait que quatre personnes ».
S’agissant du fameux “étal 101” – étal au marché central – autre sujet de controverse, dans lequel le conseil municipal l’accuse de « conflit d’intérêt », Raouf Khodabaccus renvoie la balle à ses accusateurs. « Se enn dosie kot fin ena larzan inplike. Ban konseye fin interkal dan enn demars. Mo dir, si zot ena kouraz, al l’ICAC dir ki maldon mo finn fer. Mwa, mo finn al don noms konseyer. » Invité par Le Mauricien à préciser s’il nie toute implication dans cette affaire, le conseiller s’est contenté de répondre qu’il met au défi ses accusateurs de révéler ses maldonnes auprès de l’ICAC.
Le dénonciateur a par ailleurs évoqué un autre dossier : la fermeture de la rue Sir Virgil Naz à Port-Louis à cause de la construction d’un bâtiment privé à l’angle de cette rue et la rue La Corderie. Résultat, selon lui, nombre de citadins doivent subir un problème d’embouteillage « extraordinaire » au quotidien « en raison d’une mauvaise décision du lord-maire ». « La Road Management Authority du ministère des Infrastructures publiques a délivré un permis pour fermer cette rue. Le lord-maire a quant à lui dit à la radio que si jamais cela pose un problème, la rue sera rouverte. Vu cet embouteillage, j’ai fait des démarches auprès du ministère, où on m’a dit que c’est le maire qui doit donner son accord pour la réouverture. Jusqu’à aujourd’hui, la mairie n’a convoqué aucune réunion à ce sujet. »
Raouf Khodabaccus a d’autre part parlé de « difficultés rencontrées par les fonctionnaires à la mairie quand il s’agit de prendre des décisions. Cela à cause des présidents de commission, nommés par le lord-maire, qui n’arrivent pas à deliver the goods. Le maire, lui-même, a dû changer les présidents. Quand les fonctionnaires prennent une décision, les présidents refusent de les mettre en oeuvre. Ils prennent une décision dans un comité et une autre dans un autre comité ».
Le conseiller allègue par ailleurs qu’il y aurait des dépenses abusives à la mairie : « abus d’overtime, abus par rapport aux associations religieuses ». Il avance que des chèques seraient émis « à l’ordre de hauts cadres de la mairie, qui vont les toucher et ce n’est qu’ensuite qu’ils font le paiement. C’est inacceptable ! »
Le plaignant déplore de plus le fait que des commissions où « des décisions importantes doivent être prises » sont souvent renvoyées car des conseillers sont absents. « Pa pou kapav kontinie koum sa, bizin disoud konsey minisipal e al ver eleksion minisipal. »