Une boîte de chaussures en provenance de Chine au nom du conseiller Mahendra Gondeea et Rs 14 000 pour un dîner dans un restaurant de la capitale, regroupant seulement quatre membres employés de mairie. Suite aux allégations faites dernièrement par le conseiller Raouf Khodabaccus à l’encontre du Conseil municipal, Mahmad Khodabaccus a convoqué la presse hier à la mairie, pour les réfuter. Le lord-maire s’est interrogé sur les réelles motivations de l’accusateur dans le contexte de ces insinuations. Il s’est dit pas plus étonné que cela vu que « les élections municipales approchent ».
« La montagne a accouché d’une souris ! » a soutenu Mahmad Khodabaccus au sujet des allégations précitées. Le premier « gros scandale » allégué, rappelle-t-il, concerne un conteneur en provenance de la ville de Fo Shan (Chine), avec laquelle la mairie de Port-Louis est jumelée depuis plus de vingt-cinq ans. Suite à une demande d’aide en termes d’équipements sportifs à l’intention d’enfants défavorisés de la capitale, la ville chinoise a accepté de faire un don de mille paires de chaussures. Ayant été désigné par le lord-maire d’alors – Sheikh Mukhtar Hossenbocus – pour se rendre en Chine pour choisir les équipements, ainsi que suggéré par les homologues chinois, le conseiller Mahendra Gondeea s’est rendu en septembre 2010 avec quelques autres membres de la mairie. Celui-ci précise qu’ils ont eux-mêmes payé leur billet d’avion. Selon le lord-maire, à l’arrivée des colis en mars 2011, « tout y était : le packing list, le bill of entry etc. Le 22, avril, les colis sont arrivés au Centre Idrice Goomany. Le nombre correspondait à celui indiqué sur le packing list ». Le hic, dit le lord-maire : sur l’une des boîtes, est écrit “Gondia” en référence à Mahendra Gondeea. « Celui-ci a nié tout lien personnel avec la boîte comme allégué par Raouf Khodabaccus ». Demeurée jusqu’ici scellée, la boîte en question a été ouverte par le lord-maire à la fin de la rencontre avec la presse ce matin. Des paires de chaussures de sport de couleur jaune s’y trouvaient. Le lord-maire devait faire remarquer que contrairement aux autres notes marquées en rouge sur la boîte, le nom “Gondia” a été écrit à l’aide d’un marqueur noir. Autre fait « intriguant » selon l’accusé Gondeea : « si c’est vraiment en Chine qu’on a écrit cela, ils se seraient assurés de bien écrire mon nom car je leur avais laissé ma carte avec mon nom. Je me demande si ce n’est pas à Maurice qu’on a écrit cela. »
S’agissant du deuxième point d’accusation, Mahmad Khodabaccus devait se demander « quel est ce restaurant de la capitale où l’on va manger sans boisson pour Rs 14 000 ? ». Le lord-maire reconnaît une addition de Rs 14 000 mais pas avec quatre personnes. « Effectivement, il y a une note de Rs 14 000. Vingt-six personnes, dont des délégués étrangers, ont été au restaurant dans le cadre d’une conférence. Cette somme a été déduite du Lord Mayor’s Fund dont l’une des fonctions est d’entretenir les délégués étrangers. Alors, où est le scandale ? », s’est-il offusqué avant de s’interroger sur les intentions de Raouf Khodabaccus lui-même. « Eski li enn dimounn prop ? ». Le lord-maire a ensuite lancé une série de questions en rapport avec ce conseiller.
Mahendra Gondeea a, pour sa part, avancé que l’une des raisons ayant motivé l’accusateur à faire de telles insinuations, est liée à un étal au marché central que la mairie ne veut octroyer. « Pourquoi a-t-il attendu tous ces mois – depuis mars où le conteneur est arrivé à aujourd’hui où la mairie ne lui donne pas l’étal qu’il revendique pour sa cousine – pour faire ces dénonciations ? Je lance un appel à la MRA pour aller enquêter où il a eu de l’argent pour acheter un van », soutient Mahendra Gondeea.