L’inspecteur de police Maudarbocus Mohamedally, le porte-parole de la All Police Officers Unity (APOU), une branche syndicale qui vient d’être enregistrée sous l’Employment Relations Act, est d’avis que le Police (Membership) of Trade Union Bill voté au Parlement en décembre 2016 « équivaut à donner à la force policière un oiseau et couper ses ailes pour qu’il ne puisse pas s’envoler ». Pour cause, la police est autorisée à se syndiquer mais n’a pas droit à la grève dans n’importe circonstance, ni de former une fédération avec un autre syndicat et elle n’a pas le droit de se joindre à une autre fédération.
« Cette nouvelle loi aurait dû autoriser la police à se syndiquer et nous permettre de se joindre à une autre fédération du service civil pour faire entendre nos revendications. Valeur du jour, le management sait très bien que nous n’avons pas le droit à la grève. Cela ressemble un peu à ce qui se passe dans certaines entreprises à Maurice. Des employés continuent à revendiquer leurs droits, mais l’employeur ne réagit toujours pas. Car il sait que les employés ne pourraient pas aller plus loin parce qu’ils n’ont pas le droit à la grève ».
L’inspecteur Maudarbocus juge que la création de nouveaux syndicats tels que l’Union Policière (UP) dont le porte-parole est l’assistant surintendant Hector Tuyau, le Police Officers Solidarity Group (POSG) représenté par Jaylall Boojhawon et la Junior Police Officers Union (JPOU) qui viennent de voir le jour et même la All Police Officers Unity dont il est le porte-parole « est venue semer la confusion au sein de la force policière et a apporté plus de division que d’unité ».
Pour lui, ceux qui ont eu recours à la Cour suprême pour revendiquer et pour réclamer la paternité d’être les premiers à avoir suggéré la création d’un syndicat pour la police « font un faux débat et ont induit toute la force policière en erreur. Cela existait déjà dans la Mauritius Police Federation Regulation, gazetted en 2004 et dans la Metropolitan Police Federation en Angleterre. Certains dirigeants syndicaux de la force policière utilisent souvent la presse pour faire du sensationnalisme et pour défendre leurs propres intérêts. Résulat, la force policière est divisée ».
Selon lui, les trois dirigeants syndicaux y compris lui-même n’ont pas encore été officiellement désignés, bien que la loi eût été votée en décembre dernier, « pour être le représentant de la force pour faire entendre nos revendications au Commissaire de Police, parski okenn parmi nou pa ankor gagn 30 % des membres comme préconisé dans la loi. Cela se faisait avant sous la Mauritius Police Federation Act 2004. La force policière nage en pleine confusion. On ne peut continuer ainsi ».
L’inspecteur Maudarbocus se souvient aussi de l’époque où le secrétaire du cabinet réunissait des représentants de la Police Federation, le Commissaire de police d’alors, le conseiller légal qui représentait la fédération pour discuter de différents aspects touchant la force policière. « On discutait de tout, que ce soit le salaire, les facilités de logement, les allocations, les heures supplémentaires et ce, de manière ordonnée. La police n’avait pas le droit de se syndiquer à cette époque. Cela se passait dans la discipline et il y avait un suivi régulier de ce qui avait été discuté».
Que suggère le porte-parole de l’APOU pour remédier à la situation ? « Que le commissaire organise une élection comme stipulé dans la loi, laquelle se lit ainsi : “Where it appears that the trade union is not in accordance with section 37, organize and supervise a secret ballot in the bargaining unit” ». Cette élection, dit-il, permettrait à la force policière de se regrouper autour d’une seule fédération.
L’inspecteur de police sait qu’il est difficile de faire marche arrière. Sinon il aurait proposé d’abroger la nouvelle loi, qui « interdit le droit à la grève et restreint la liberté de la force policière sur le plan des revendications », et de retourner aux Mauritius Police Federation Regulations 2004.
« Il est de notre devoir de donner une image positive de la force policière pour la promotion of constructive dialogue for the regulation of employment relation between police officers and Police Management ».