C’est une maman anéantie qui se bat actuellement en Suisse pour que justice soit faite à sa fille, une adolescente qui aurait été violée à Maurice. La mère de famille, une Mauricienne, installée en Suisse où sa fille est née il y a 14 ans, viendra bientôt au pays pour consigner une déposition à la police et entamer des poursuites judiciaires. Entre-temps, la police du canton du Valais, région dans laquelle vit la famille de la présumée victime, se serait saisie de cette affaire. Un dossier a été compilé et soumis à la police cette semaine.
La police de ce canton helvétique, connaissait déjà le profil de l’adolescente, celle-ci avait fait l’objet d’une enquête pour fugue. «Nous avons finalement compris que ses fugues étaient liées à son agression, d’où l’implication de la police suisse dans cette affaire», a confié la mère de la jeune fille à Week-End. Ce n’est que lundi dernier, dit-elle, qu’elle a appris le viol présumé de sa fille. Ce jour-là, l’adolescente avait été entendue par des policiers du Valais qui l’interrogeait à propos de la fugue. «Quand je l’ai ramenée à la maison, je lui ai demandé ce qui n’allait pas car j’en avais assez de son comportement. C’est à ce moment-là qu’elle s’est expliquée. Elle en avait aussi parlé aux policiers», raconte la mère. Les faits remontent à mai 2010, durant le séjour de la famille à Maurice. L’adolescente était alors âgée de 11 ans. «Depuis, notre fille ne nous a rien dit à propos de son agression. Ce n’est que lundi dernier, quand elle m’a tout raconté que j’ai compris pourquoi depuis ces dernières années, son comportement avait changé. Ses notes avaient chuté à l’école, elle a même été prise en charge par la directrice de son établissement. Elle fuguait et elle a essayé de se suicider. D’ailleurs, suite à sa tentative de suicide, elle a été hospitalisée pendant 15 jours dans une unité psychiatrique pour enfant. Elle a été suivie par un psychologue. Mais durant sa thérapie, elle n’a rien révélé du viol. Il y a peu, elle a pu en parler au psychologue. Il attendait qu’elle lui donne son aval avant de me mettre au courant», confie la mère de l’adolescente.
Selon la Mauricienne, le présumé auteur du viol de sa fille ne serait autre que son cousin. Il aurait, dans le passé, dit-elle, été condamné pour le même délit. En 2010, la famille quitte la Suisse pour un séjour de six mois à Maurice. «Nous avions loué un bungalow à Flic-en-Flac. Il y venait régulièrement. Comme nous sommes restés assez longtemps, ma fille avait été admise dans un collège. Un jour, il a proposé qu’elle passe un moment chez lui. J’étais un peu hésitante, étant donné son passé. Mais, comme sa mère et sa soeur étaient présentes chez lui, j’ai accepté sa proposition. Il a emmené ma fille à Curepipe. Et il l’a agressée dans un bâtiment en construction.» L’homme, qui avait 30 ans au moment des faits, aurait menacé la fille pour qu’elle ne divulgue rien sur ce qui s’était passé. Il l’aurait ensuite raccompagnée auprès de ses parents. Après avoir appris ce qui était arrivé à sa fille, la Mauricienne explique qu’elle a pris contact avec le présumé agresseur pour l’informer qu’elle était au courant de son acte. «Il était surpris et s’est dit choqué par ce que ma fille avait subi. Il a feint l’ignorance pour compatir avec elle. Il a catégoriquement nié ce que nous lui reprochons», confie encore la maman.
Se disant profondément bouleversée, la famille de l’adolescente ne compte pas rester inactive. Depuis les révélations de la jeune fille, ses proches sont révoltés et ont décidé de réclamer justice. La famille a constitué un dossier, a rapporté l’affaire à la police du canton et a eu recours à une association spécialisée dans l’accompagnement des victimes d’agression sexuelle. La prochaine étape devrait se passer sur le territoire mauricien. En effet, la famille de la présumée victime viendra à Maurice pour consigner une déposition contre celui qu’elle considère être un récidiviste et qui aurait agressé la jeune fille.