Une enquête de l’Independent Commission against Corruption (ICAC), qui risque de faire beaucoup de bruit sur la place publique et dans les milieux syndicaux, abordera cette semaine une étape décisive. Cette affaire porte sur des allégations d’abus d’autorité et usage abusif des biens publics au National Economic and Social Council (NESC), dont la présidence est assurée par le président de la Goverment Services Employees Association (GSEA), Radhakrishna Sadien, qui est également fonctionnaire au Valuation Department sous la tutelle du ministère du Logement et des Terres. En effet, mercredi, le secrétaire général du NESC, Dev Daliah, est convoqué au QG de l’ICAC pour une audition susceptible de faire rebondir cette affaire commentée sous manteau depuis quelque temps dans les milieux syndicaux de la fonction publique.
L’ICAC a initié une enquête dans l’utilisation de la chauffeur-driven cardu NESC par le président du conseil d’administration, alors que de par le poste qu’il occupe au Valuation Department, Radhakrishna Sadien bénéficie de facilités duty freepour l’achat d’une voiture de même qu’un travelling grantmensuel de Rs 10 500. En sus de cela, à la tête de la GSEA, il a droit à une voiture de fonction tous frais payés. Les détails de condition de service du président de la GSEA, qui prend avantage du time-off, ont déjà été confirmés au département concerné.
Devant les graves allégations portées contre le président du board du NESC, l’ICAC s’intéresse davantage au Log Bookde la voiture en question pour déterminer la portée des abus. Ainsi, lors de son déplacement au QG de l’ICAC, le secrétaire général du NESC aura la lourde responsabilité de confirmer l’emploi du temps officiel du président du conseil d’administration et les conditions d’utilisation de cette voiture de fonction tout en révélant les horaires de travail du chauffeur affecté à ce véhicule.
Dans cette perspective, l’examen minutieux des entrées dans le Log Bookdevront confirmer si, effectivement ou non, cette voiture est attachée au syndicaliste de la GSEA du matin au soir pour ses besoins personnels et officiels. Dev Daliah aura également à fournir des explications formelles à l’ICAC sur les mesures adoptées au NESC pour veiller contre tout abus des biens publics sous sa responsabilité et de confirmer s’il y a eu des rappels à l’ordre de nature verbale ou en écrit dans cette affaire.
Dépendant de la tournure de l’audition de mercredi, l’ICAC décidera de la marche à suivre. À ce stade, il n’y a aucune indication quant au timing d’une éventuelle audition du principal concerné par cette enquête. Dans l’entourage proche de Radhakrishna Sadien, l’on fait comprendre que cette campagne « d’allégations malsaines » remonte à l’époque où ce dernier a accédé à la présidence du NESC.
Radhakrishna Sadien a été la cible d’une série de tracts les uns plus virulents que les autres, dont l’un se demandait « kifer minis Kasenally ek Dayal toler li ? »Plus loin, dans ce même tract, les auteurs prennent à témoin le syndicaliste Vinod Seegum. « Kamarad Seegum finn bien fer dénonce syndicalis accapareur ki pass lor tv, radio ek la presse tous les jours, pli boukou fois plis ki minis, koumadir grand expert lors tous sujets. Seegum finn bien dir enn président syndicat et secrétaire syndicat pa kapav pran  lot travail ek siège lor bann board. Pas pou éna létan get problem travayer », notent les auteurs du tract anonyme qui circule dans la fonction publique.
Tout semble indiquer que l’heure de vérité dans le dossier du NESC à l’ICAC devra sonner incessamment, à moins que ce soit un feu de paille de nouveau au rond-point du Quai D…