Estimant avoir été victime de fausses allégations d’adultère, elle avait poursuivi en Cour l’auteur présumé de “rumeurs” dont elle faisait l’objet. Mais la plaignante a finalement perdu son procès. Dans son recours, cette dernière réclamait Rs 500 000 de dommages à l’oncle de son époux, qui l’aurait aperçue, selon ses dires, en train d’embrasser un inconnu en décembre 1997 dans un champ de cannes de Saint-Pierre.
Selon la plaignante, le défendeur se serait précipité pour rapporter à son mari que celle-ci le trompait. Depuis, dit-elle, elle est « battue et méprisée », et ce alors qu’elle n’aurait, selon elle, « jamais été infidèle ». Cependant, la plaignante s’est plusieurs fois contredite au cours du procès. Ainsi, elle ne pouvait affirmer si le comportement de son époux résultait ou non de ces “rumeurs”. De même, elle a affirmé avoir aperçu dans le champ de cannes en question un dénommé Ramesh Khedoo, qui aurait affirmé avoir assisté à la fameuse scène avant de la relater non pas à son mari, mais au frère de ce dernier et à d’autres membres de la famille de son conjoint.
Après avoir écouté les témoignages et entendu l’argumentaire des différentes parties, le magistrat Raj Seebaluck, qui siégeait à la division civile de la Cour intermédiaire, a établi un parallèle avec un précédent jugement, en l’occurrence le procès Maurice Lesage contre Marcel Mason, en 1976. Il était alors dit, entre autres : « A person who has suffered prejudice as a result of an allegation or imputation amounts to a faute, claim damages from the person liable for that faute ; (…) A prejudicial allegation or imputation of fact is always presumed to having made with malice (intention de nuire ou intention coupable). » Or, dans le cas présent, estime le juge, il n’existe aucune preuve d’intention de nuire ou d’intention coupable. D’où sa décision de rejeter la plainte.