À la suite de l’article publié la semaine dernière dans Week-End concernant un médecin mauricien, d’origine étrangère, accusé de pratiquer des avortements sur mineures – alors que la loi à cet effet n’a pas encore été proclamée – et qui plus est n’est pas enregistré auprès du Medical Council, plusieurs voix s’élèvent. Cette situation irrite plus d’un professionnel de la santé, dont les médecins privés, qui déplorent le silence des autorités sur ces allégations.
Les membres de la Private Medical Practitionners Association (PMPA) sont outrés des informations divulguées la semaine dernière par Week-End. Déplorant le fait qu’un médecin puisse exercer en tant que tel alors qu’il n’est pas enregistré auprès du Medical Council, et donc pas reconnu en tant que médecin, et encore moins en tant que spécialiste, le syndicat des médecins privés tire la sonnette d’alarme. « C’est un précédent dangereux ouvrant la voie à d’autres médecins qui pourraient demain se servir de ce type de recours, soit faire appel contre une décision du Conseil de l’Ordre des Médecins, pour pouvoir fonctionner. Or, la Medical Council Act est claire sur les procédures avant de pouvoir exercer à Maurice », dit le porte-parole de la PMPA, le Dr Issack Jowahir.
En effet, en dépit du fait que le Medical Council a rejeté en décembre dernier sa demande pour un enregistrement permanent, le gynécologue pointé du doigt exerce actuellement pour le compte d’une clinique privée. Après avoir fait appel contre la décision du Medical Council — qui a refusé son enregistrement permanent à la suite des conclusions d’une enquête relative au passé de ce médecin qui a fait l’objet d’une condamnation à l’étranger mais a ensuite été reinstated –, le gynécologue a obtenu un ordre de la cour lui permettant d’exercer jusqu’au ruling.
Si elle ne conteste pas l’ordre de la cour, la PMPA juge dangereux que ce médecin puisse exercer en n’étant pas reconnu par l’Ordre des Médecins, censé être l’organisme régulateur de tous les médecins exerçant à Maurice. La PMPA fait ressortir que cette situation  pourrait donner voie à d’autres abus.
Ce qui provoque davantage l’indignation des médecins privés, ce sont les allégations de pratiques douteuses de ce médecin. Documents et photos à l’appui, il est en effet accusé de pratiquer des avortements quotidiennement. Même si votée, la loi pour les avortements dans des cas spécifiques n’a pas encore été proclamée. Cette pratique est ainsi encore illégale à Maurice. Or, selon nos sources, le gynécologue effectuerait en moyenne trois avortements par jour au sein de la clinique privée pour le compte de laquelle il travaille. Qui plus est, il s’agirait d’avortement pratiqué sur des mineures.
Le Dr Issack Jowahir déplore le silence des autorités sur ces allégations, après une semaine. La PMPA, dit-il, s’insurge également du soutien dont dispose ce gynécologue au sein de la clinique privée pour pouvoir pratiquer ces avortements. « Avant que la loi ne soit votée, nous avions mis en garde contre les charlatans qui en profiteront. Ce cas révélé par Week-End nous donne raison », dit le porte-parole de la PMPA. Selon nos informations, outre le ministère de la Santé, le Medical Council est également en présence des informations publiées par Week-end. Pour les médecins privés, il est urgent que les autorités tiennent compte de ces allégations et agissent en conséquence, car en ce qu’il s’agit des pratiques d’avortement par ce gynécologue, la réputation des médecins est en jeu, sans compter qu’il met également la vie de ses patientes en danger.