Devant les nombreux cas d’allégations de négligence médicale à l’encontre des praticiens du public et du privé, le Medical Council (MC) a mis en place plusieurs comités d’investigation afin d’accélérer les enquêtes. À ce stade, pour six cas, le MC a conclu qu’il y a eu « gross negligence » et les a référés au Medical Disciplinary Tribunal, instance permettant aux médecins concernés de se défendre en présence de leur avocat. Le MC continue son enquête dans une vingtaine de cas.
Quelle que soit la nature de ces négligences médicales alléguées, le Medical Council (MC) traite toutes les doléances reçues avec le même sérieux. « Certaines fois, le fait reproché au médecin peut paraître banal mais nous ne prenons rien à la légère. Nous demandons des compléments d’informations à ceux qui portent plainte et si nous voyons qu’il y a matière à initier une enquête, nous mettons la machinerie en marche », explique un membre du MC au sujet des procédures à suivre. Et si au bout de son enquête préliminaire le MC conclut à un prima facie case, il réfère alors le dossier à charge au Medical & Disciplinary Tribunal. Cette instance ne chôme pas en ce moment. En effet, elle est en présence de six cas, et dans deux, il y a eu mort d’homme. Parmi ces six médecins qui doivent aller se défendre devant le Medical Tribunal, deux sont employés dans le service public. « Ce tribunal donne l’occasion au médecin accusé de graves fautes professionnelles de se défendre. Il peut être accompagné d’un avocat pour sa défense », souligne un responsable du MC.
Par ailleurs, une grave allégation de négligence pèse sur le Dr Farad Aumeer, ancien gynécologue du service public, et qui aujourd’hui occupe le poste du directeur du Centre Culturel Islamique. C’est à la suite d’une demande d’information reçue l’an dernier de la Police (dans le cadre d’une déposition consignée par les proches d’un patient décédé après une intervention chirurgicale pratiquée par le médecin) que le MC a initié une enquête dans cette affaire. Cette instance a appris du ministère de la Santé pendant son enquête que le médecin était en congé de maladie à la date où il avait pratiqué cette intervention chirurgicale. Elle lui a demandé des explications. Toutefois, le médecin a affirmé le contraire au MC, soutenant que son congé de maladie avait pris fin et qu’il était « on pre-retirement leave de six mois » à l’époque de cette opération. En début d’année, le MC a reçu un document du médecin attestant qu’il était en bonne santé à l’époque où il a pratiqué cette opération. Mais le MC est étonné de recevoir un tel document tardivement alors que son enquête a débuté l’an dernier. L’Ordre des Médecins craint que ce certificat médical, qui a été octroyé par un praticien du privé ne soit « de nature complaisante » et a référé le cas à la police en demandant d’enquêter sur la validité du document. Selon nos informations, le MC attend toujours les conclusions de la police an vue de poursuivre son enquête et compte aussi écrire à la police dans les jours qui viennent à ce sujet.