Les allégations qui pèsent sur le Directeur des Poursuites publiques (DPP) ont été au centre d’une conférence de presse tenue par le Mouvement Patriotique (MP). Il en est ressorti que « personne n’est au-dessus de la loi », même si dans le cas présent, les choses s’avèrent être plus complexes, car l’ICAC instruit un dossier contre le DPP. « L’ICAC a néanmoins le devoir de respecter toutes procédures scrupuleuses », souligne Alan Ganoo.
Les événements de ces derniers jours ont interpellé le MP qui, lors d’une conférence de presse hier après-midi à la municipalité de Port-Louis, a marqué sa position concernant les allégations tenues contre le Directeur des Poursuites publiques Satyajit Boolell. « Nous avons décidé que nous ne pouvions plus rester silencieux face à certains incidents impliquant des acteurs clés de notre système démocratique parce que ces incidents impliquent des institutions fondamentales de notre pays, à savoir la police, le DPP, l’ICAC et le judiciaire », a fait ressortir Alan Ganoo, président du MP.
Ne pouvant pas se prononcer sur les allégations contre le DPP, faute d’informations clés, le parti politique s’est toutefois renseigné à travers les dossiers de presse à ce sujet et l’affidavit qu’a juré le DPP. Le MP en conclut que l’ICAC, sous la régie de la POCA, a comme devoir d’opérer selon les paramètres légaux établis et se doit de suivre strictement les procédures établies dans sa mission et ses actions. La complexité de l’affaire, selon Alan Ganoo, résiderait dans le cas où cette fois l’ICAC instruit un dossier contre le DPP. Il souligne toutefois que « l’ICAC a le devoir de respecter toutes les procédures scrupuleuses en omettant son devoir de confidentialité dans l’affaire. »
Le MP a également déploré que dans le sillage des incidents survenus récemment, il y ait, au niveau du public, « une forte perception que certains éléments de la police ont été utilisés à des fins politiques, ce qui a contribué à ébranler la confiance de la population dans la force policière ». Alan Ganoo rappelle qu’il incombe que les compétences du Commissaire de police sont clairement définies dans la Constitution et qu’il devrait agir selon les paramètres établis par cette même Constitution et ainsi que par la loi.
Quant aux événements récents dénoncés par le Président du Mauritius Bar Council, en particulier l’arrestation de l’avoué Thandrayen à l’aéroport, le MP pense que cela « pollue le climat de sérénité et de confiance en notre système démocratique » et pense cependant qu’il serait primordial « de ne pas ternir notre réputation à un moment ou ce même gouvernement compte sur des investissements étrangers ».
Alan Ganoo pense par ailleurs que les Mauriciens tiennent souvent pour acquises les libertés fondamentales qu’octroie la Constitution. « Il nous faut rester vigilants, car notre démocratie est toujours fragile et requiert de tous les patriotes de retenue et de respect pour le bon fonctionnement de notre état de droit. »
Revenant sur le cas de Me Satyajit Boolell et des allégations à son propos, le président du MP insiste sur le rôle que tient le DPP comme étant le « pivot de notre État de droit », tout en n’omettant pas que « le judiciaire demeure le pivot de notre système démocratique ». Selon lui, ces incidents amènent à réfléchir sur le rôle et « l’importance d’un barreau indépendant dans une démocratie ». C’est d’ailleurs dans cette optique que le MP lance un appel au sens de responsabilité de tous citoyens afin que le pays « continue à jouir du cadre légal et démocratique dans lequel il évolue ».